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4 novembre | 11h57

G. Lema « J’ai fui et je suis rentré en France »

Formé à Niort, l’attaquant congolais expérimenté Guy-Guy Lema (31 ans) a pas mal bourlingué. En Grèce, mais aussi en Suède ou en Belgique, avant de rebondir en région parisienne. Aujourd'hui à St Leu (D1), Lema dévoile ses anecdotes croustillantes. Accrochez vos ceintures. (Crédit photo : Eric Cremois)

FC Saint Leu

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Guy, tu as commencé le foot à quel âge ?

J’ai commencé à 7 ans à Albi, dans le Sud. Dès que je suis né, j’ai aimé le football. Je n’avais pas de modèle mais j’allais jouer toute la journée. Je ne regardais pas trop la télé... Je préférais jouer au foot.

Comment tu atterris à Niort ?

En fait, au début j’ai fait des essais au TFC, mais je n’ai pas été pris. J’étais suivi par le recruteur de Pau et de Strasbourg. Et j’ai décidé d’aller à Niort car il y avait un bon projet pour moi.

Comment ça s’est passé Là-bas ?

J’ai connu des périodes difficiles car je venais du Sud, et à Niort ... le temps est différent. J’étais seul, la famille était loin, aussi. Je passais mon temps au centre de formation. J’ai été stressé, j’ai commencé à avoir des boutons. Mais comme j’aimais le foot, je me suis accroché. J’ai commencé la première année, avec les U14, puis j’ai rapidement été surclassé en U16 où j’ai joué le championnat de National. La seconde année, j’ai joué avec les U18 où j’ai joué une demi-finale de Gambardella contre Marseille à Rodez, qu’on a perdu. Ensuite je n’ai pas été conservé car au centre de formation, soit je continuais les études soit je devais partir. Pau m’a contacté et j’ai décidé de partir.

Et à Pau ?

Je jouais avec la Nationale, il y avait beaucoup de grands joueurs autour de moi et notamment Pierre Aristouy, un attaquant qui a joué la Ligue des Champions avec le FC Nantes (de 2009-2014). Je lui ai expliqué ma situation, il m’a beaucoup aidé, parlé.

Voir Pau est Ligue 2, ça te fait quoi ?

Ça me fait plaisir, ça reste un bon club, bien structuré. Certes, les gens du Sud n’aiment pas trop le foot, mais ça reste une belle ville, chaleureuse avec un encadrement de qualité.

Rapidement, tu vas partir à l’étranger.

J’ai commencé à côtoyer des agents de joueurs et on m’a proposé l’étranger. Un agent suédois m’a approché et m’a parlé d’un congolais qui jouait en Suède en deuxième division. Je pouvais le rejoindre pour ne pas être dépaysé. Du coup, je suis parti là-bas. J’y ai joué deux saisons. Mais ça n’a pas été facile parce qu’il faisait très très froid.

Au total, tu t’es produit dans six compétitions différentes : en Suède, en France, en Belgique, en Grèce, en Turquie et en Bosnie. Peux-tu les comparer ?

Ce sont des championnats et des cultures différentes. Chaque pays à sa façon de jouer. J’ai eu de la chance car dans tous les pays que j’ai connu, mon profil était recherché. Je suis un attaquant qui garde le ballon. En France, nous sommes un peu techniques, mais dans ces pays-là, le jeu était direct et mon côté physique était utile. Les coaches m’ont adapté et aidé à me mettre à l’aise rapidement.

A la frontière de la Syrie, nous entendions des bombes et des tirs

Guy-Guy Lema

Une anecdote à nous raconter ?

« Un jour, j’ai joué à la frontière de la Syrie et durant ce match, nous entendions des bruits de bombes et des tirs. Il n'y avait aucun supporter. La ville était déserte. Le club a même menti sur mon identité afin que les rebelles ne sachent pas qu'il y avait un Français au sein du groupe. »

La première année où je suis arrivé en Turquie, je pleurais parfois en rentrant

Guy-Guy Lema

Quel pays t'as le plus dépaysé ?

La première année où je suis arrivé en Turquie, je pleurais parfois en rentrant. Il y a beaucoup de mensonges, des problèmes d’argent, je ne parlais pas la langue.... Je n’ai pas joué à Istanbul mais en province, et là-bas, on ne parle pas l’anglais. Les gens n’ont jamais vu un noir. C’était vraiment un problème pour moi. Les coaches ne parlaient pas l’anglais et je ne comprenais pas les consignes. J’ai fui et je suis rentré en France. Ils ont alors envoyé quelqu’un pour comprendre mes soucis, pour habiter avec moi. J’ai appris à parler turc pour m’intégrer plus facilement, grâce à une série à la télévision, que je regardais tous les soirs.


Qui t’a parlé de St Leu ?

En fait, je connais un coach (Junior Kampos) adjoint d’Abdellah Mourine, qui est là-bas, et je l’ai connu à l’époque de ma fin d’aventure en Suède. Je suis revenu en France, je tournais en rond, je n’avais pas de club pendant quelque mois. L’association Kampos Saint-Denis offre un cadre à des footballeurs africains qui rêvent de devenir professionnel. Des grands joueurs sont passés là-bas comme Eto'o où Alexandre Song. Riyad Mahrez (Manchester City) aussi, pendant deux mois avant de signer au Havre en 2010. Je me suis entrainé là-bas et j’ai compris que je n’étais pas seul dans cette situation, il y avait plus de 80 joueurs sans club. Du coup, je me suis accroché, il m’a beaucoup parlé et conseillé, pour me relancer. Nous sommes restés en contact. Junior avait besoin de moi, donc je suis venu ici.

Aujourd’hui je réfléchis à ma reconversion

Guy-Guy Lema

Revenir en Départemental 1, ce n’est pas trop dur ?

Avec mon parcours, c’est un peu difficile professionnellement parlant parce que moi, j’ai toujours eu l’habitude, de venir tôt, d’être concentré dès la veille des matches mais je comprends. Aujourd’hui je réfléchis à ma reconversion, j’ai beaucoup d’occupations à côté. Mais j’ai envie de jouer et quel que soit le niveau, dès que je rentre sur un terrain, je garde le même état d’esprit que j’avais en Suède où en Turquie.

Quel a été ton plus beau but inscrit à aujourd’hui ?

Le plus beau but est un tir de 35 mètres en Bosnie. Dégagement du gardien, contrôle de la poitrine et je tire. C'était à la fin du match, il y avait 1-1. À la 95ème minutes, je marque le deuxième but. Et on gagne !

Le parcours en bref de Guy-Guy Lema : Niort (2004-2007), Pau (2007-2009), Kartalspor (Turquie), Torslanda IK (D2, Suède), RCS Vervier (D3, Belgique), Kallithea (D2, Grèce), Lamia FC (D2, Grèce), Boluspor (D2, Turquie), et Slavia (D2, Bosnie).

Propos recueillis par Farid Rouas

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