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27 avril | 0h00

Histoire : l'AS Roquefort, un club familial et sans pression

Dans ce deuxième épidosde d'Histoire d'un club, Actufoot s'est donc rendu au Stade Jean Chiappe pour retracer les 50 ans d'histoire de l'AS Roquefort

24 min.
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Dans ce deuxième épisode "d'Histoire d'un club", Actufoot s'est rendu au Stade Jean Chiappe pour retracer les 50 ans d'histoire de l'AS Roquefort. Celle d'un club familial et convivial qui a toujours fait son parcours dans son coin depuis sa création en 1969.

« L’AS Roquefort, c’est une famille. Tout le monde se connaît. » Arrivé devant l’enceinte du stade Jean Chiappe de Roquefort-les-Pins, l’ambiance y est calme. La pluie matinale a malheureusement privé les jeunes de leur journée de stage. Mais Cyrille Lopez, coach de l’équipe fanion depuis deux saisons, nous accueille pour retracer la fameuse histoire de son club, celle qui appartient aussi à tous les Roquefortois. Ici, tout a commencé en 1969, quand Jean Chiappe, entrepreneur local décide de créer un club pour permettre aux jeunes de sa ville de pratiquer le football. Sur un petit terrain en sable (photo ci-dessous), les premiers footballeurs de l’ASR foulent les terrains.

« Au départ, le club ne comptait qu’une cinquantaine de licenciés », se remémore Annie Ferrer, présidente aux côtés de son mari pendant 29 ans. Entouré de grands clubs comme l’AS Cannes, le RC Grasse, l’US Valbonne, et les clubs antibois, l’AS Roquefort peine à se faire une place et sans mentir, ce n’était clairement pas son but comme l’explique l’ex-présidente. « Le club n’a jamais eu la prétention de concurrencer ses clubs. Le but était tout simplement de permettre à tous les jeunes roquefortois de pouvoir prendre du plaisir ». Logique pour un petit village de 6 000 habitants (1 575 en 1968, ndlr), où la convivialité règne en maître.

Malgré tout, le club fait son petit chemin et les présidents se succèdent. Après Jean Chiappe, c’est Bernard Collet qui reprend la tête, suivi par Dominique De Barbeyrac, ainsi que Denis et Annie Ferrer. Le club est notamment reconnu pour son tournoi vétérans qui se déroule en fin de saison et ses équipes évoluent seulement au niveau départemental. « Les tournois, c’était un peu l’apogée de l’année, et j’en garde de magnifiques souvenirs », sourit Annie Ferrer.

Les Ferrer, le changement

Arrivés à la tête du club en 1991, Annie et Denis Ferrer vont continuer sur la même lancée, mais l’heure du renouveau a commencé. Si les valeurs restent les mêmes, les ambitions changent un peu. En 1993, le club voit une équipe féminine se créer par exemple et pratique du bon travail en interne. Et ne se met surtout aucune pression.« À Roquefort, il n’y a jamais eu vraiment d’objectif résultat. On ne s’est jamais pris la tête », souligne Cyrille Lopez. « On est peut-être moins mis en avant que les autres clubs, mais notre travail a toujours continué de perdurer dans la bonne ambiance et la convivialité », accentue l’ancienne présidente.

Annie Ferrer réalise un discours lors d’une journée Galette des Rois dans les années 90.

Car avant tout, Roquefort reste le club d’une petit commune, un club de proximité. Proche de ses habitants, de ses licenciés. « Ici, tout le monde se connaît donc il n’y a jamais d’histoire ou d’écart. On est une vraie famille, on est soudé et c’est ce qui fait notre force », explique Benoit Succo, capitaine de l’équipe fanion et entraîneur des U10. Un petit village où les jeunes doivent seulement traverser la route pour aller du collège César au stade. « C’est la preuve que tout se rejoint ici. Les enfants vont ensemble à l’école, et viennent se défouler ensemble à Jean Chiappe. C’est un peu ça Roquefort-les-Pins ! »

Plus que les équipes, ce sont les Roquefortois qui se mettent en avant assure Cyrille Lopez. « Les gens ne le savent peut-être pas mais pas mal de Roquefortois se sont exportés dans les clubs azuréens et ont fait de belles petites carrières amateurs ». Benoit Succo à l’AS Cannes, Cyrille Lopez à Grasse et Cannes, Arthur Blanc, vainqueur de la Gambardella avec l’OGC Nice, Anthony Croiset, coach à l’AS Cannes, Jonathan Brun coach au RC Grasse, Medhi Karaja joueur au Cannet-Rocheville… Tous sont originaires de ce petit village et ont apporté leur touche à l’édifice du football azuréen. Et aussi de leur club. Car le Roquefortois n’oublie pas d’où il vient. « Quand on voit notre équipe seniors, on peut en être fier. Tous ces joueurs aux magnifiques parcours sont revenus aux sources. C’est une belle reconnaissance et ça montre qu’il n’oublie rien de leur passé. »

Les années 2000, le renouveau

Avant tout, Roquefort est aussi une terre de formation où les joueurs s’exportent bien. « On a eu beaucoup de joueurs qui sont partis mais la plupart sont revenus quelques saisons après notamment chez les jeunes », explique Cyrille Lopez. Une terre de formation qui continue de grandir sous l’impulsion de la famille Ferrer. Et qui commence à montrer le bout de son nez. Roquefort, c’est un peu « l’équipe que tout le monde venait battre ». Mais qui ne s’est jamais laissé faire pour autant.

Dans les années 2000, l’ASR va donc connaître ses premières gloires. À Roquefort, le football marche un peu par génération et quand certaines sortent du lot, les résultats sont intéressants. Le premier vrai titre du club arrive en 2005, quand les benjamins sont champions de pré-excellence (photo principale). « Ça a été la première fois dans l’histoire qu’une équipe à nous remportait le championnat et c’était la première récompense de toutes ces années de dévouement », souligne Annie Ferrer.

Cyrille Lopez (tout à gauche) éducateur des benjamins en 2006.

Un dévouement qui vient de la part de tous les licenciés de ce club, même aujourd’hui, explique Benoit Succo. « En réalité, à Roquefort tout le monde met la main à la pâte sans rien en retour. Aucun coach, aucun joueur ne touche ne serait-ce qu’un centime et ça a toujours été comme ça. » Un fait que confirme son coach Cyrille Lopez. « J’ai commencé à être éducateur à 14 ans avec les écoles de foot, et un peu tout le monde à débuter comme ça. C’est juste une question de volonté et d’engagement ici. » Pareil pour Benoit qui avait repris une équipe benjamins à 16 ans. Aujourd’hui rien n’a changé. Les éducateurs sont plus « des accompagnateurs ». Ils viennent prendre du plaisir et surtout permettre aux enfants de pratiquer dans des conditions parfaites. Car la progression est primordiale, non les résultats.

Les années 2010, la récompense

Toujours sous la main des Ferrer, le club continue son petit bout de chemin au milieu des gros poissons azuréens. Et c’est en 2010 que le club va prendre un premier envol au niveau sportif. Tout d’abord avec la création d’une équipe Seniors menée par Jean-François Lacassagne (photo). « Un mec en or, à l’initiative de l’un des plus gros changements au sein du club », assure Benoît Succo.

La première équipe Seniors de l’AS Roquefort.

Une année 2010 marqué également par le parcours de deux magnifiques générations en -de 15 ans et -de 17 ans. « L’année 2010 est la plus mémorable de ma carrière », assure Annie. Un titre de champion en -de 17 ans pré-excellence, une finale de Coupe Côte d’Azur contre l’OGC Nice pour les -de 15 ans menés par Philippe Marconnet, et le début de l’aventure pour une équipe Seniors qui n’a jamais cessé de prouver ces dernières années. Des équipes qui font avec les moyens du bord comme depuis toujours. À Roquefort, l’argent ne coule certainement pas à flot. Mais il n’y a que le travail qui paye et il va porter ses fruits puisque dès la première année l’équipe Seniors sera championne de 5e division départementale (D5, aujourd’hui). « Au départ, on a créé cette équipe par pur plaisir, mais au fil des années, elle a fini par être très compétitive », souligne Benoit Succo.

L’AS Roquefort championne en moins de 17 ans pré-excellence en 2010.

Expérience et jeunesse

À partir de la création de l’équipe séniors, l’image du club va changer et le départ des Ferrer va faire place à la jeunesse. Deux Roquefortois, Xavier Richard et Jérôme Albin décident donc de reprendre le flambeau en 2017. Après 29 années de fidélité, les Ferrer décident de tourner la page. Mais les souvenirs, eux, restent. Des années de joies, de difficulté, mais surtout de dévouement. « Quand je vois tout notre parcours jusqu’à aujourd’hui, je peux être fier. Le club compte aujourd’hui plus de 280 licenciés. Et ce dont je suis certaine, c’est que cette histoire est loin d’être terminée », s’exclame Annie Ferrer. Pas faux, puisque le travail que réalisent les deux nouveaux présidents marche plutôt bien. Ils ont misé sur une restructuration à leur arrivée, tout en gardant les mêmes valeurs familiales et amicales. Nouveau synthétique, mini-bus, formation des éducateurs, ils donnent un nouvel élan à l’ASR. Tout comme une génération va redonner encore un nouvel élan à l’équipe séniors.

Le nouveau synthétique du Stade Jean Chiappe a été inauguré en 2019.

Le club veut mélanger expérience humaine et sportive. Et un « groupe de potes » va enchaîner plusieurs montées successives jusqu’à la D2 en 2017-2018. L’année suivante, Cyrille Lopez revient lui aussi aux sources. À l’image de ses nombreux joueurs partis s’exiler dans les clubs alentour. Arthur Leblanc (ex-Nice), Romain Forafo et Mehdi Karaja (ex-ESCR), Benoit Succo (Ex-Cannes), tous s’étaient promis de finir en beauté, à la maison, au coeur d’un petit village, où les supporters vibrent pour leur équipe fanion. « Au fil de nos montées, l’engouement autour de notre équipe a grimpé en flèche et ça nous pousse à aller encore plus loin », assure le capitaine roquefortois.

« Quand je suis revenu, c’était pour souffler, revenir dans un club tranquille. Mais finalement, on vit le truc à fond », poursuit le coach de l’équipe fanion. Car finalement, cette D2 est très compétitive depuis sa création. Des montées, de la réussite, le retour des anciens et voilà que le village commence à se faire une place sur le devant de la scène et devenir redouté. Notamment ces deux dernières saisons, malheureusement tronquée par la pandémie. « C’est une expérience exceptionnelle que l’on vit. En si peu de temps, le club a pris une place prépondérante dans les championnats départementaux. Les gens suivent notre parcours, soutiennent énormément et toute cette force nous sert grandement pour la suite », commente Cyrille.

Richard-Albin, un futur ambitieux

Depuis l’arrivée des nouveaux présidents et la montée de cette équipe fanion en D2, les ambitions sont grandissantes. Malheureusement, cela fait presque une saison et demie, que le football est en stand-by. Auteur d’une première saison difficile en D2 (ex-PHB), où l’équipe se sauve à la dernière journée, les hommes de Cyrille Lopez terminent 6e de leur deuxième exercice en 2020. Mais cette année, l’AS Roquefort avait clairement les moyens de faire peur à ses concurrents.

En commençant par un magnifique parcours en Coupe de France qui s’est arrêté au 3e tour face à l’AS Moulins (D1) après avoir éliminé St Laurent (D2) et l’US Pégomas (R2). Un souvenir inoubliable pour le coach qui rêve toujours de D1. « On ne veut pas le dire, mais je pense qu’on a clairement l’équipe pour le faire. Malheureusement, on n’a pas pu aller au bout encore une fois, mais on reviendra encore plus déterminé l’année prochaine, et toujours sans aucune pression ».

L’équipe fanion de l’AS Roquefort 2020-2021

À l’avenir, Cyrille Lopez et Benoit Succo restent tout de même sur leur garde quant à la capacité à performer de l’équipe. La génération des vieux briscards ne restera pas éternellement et il va falloir bosser chez les jeunes pour garder de la compétitivité chez les adultes. » Je pense qu’il y aura un gros boulot de transition à faire entre les U17 et les Séniors (pas d’U19 au club, ndlr) », assurent-ils.

Chez les jeunes, aucun souci à l’horizon. Les roquefortois continueront de venir prendre du plaisir à Jean Chiappe, tout en progressant. Et pourquoi ne pas essayer de montrer le résultat de toutes ces années de travail dans les catégories de jeunes ? « On n’a pas l’ambition que nos équipes aillent en élite, mais évidemment qu’on s’en rejouerait », assure le coach des U10 du club. D’autant plus avec l’augmentation du nombre de licenciés depuis quelques années souligne-t-il. « Le village a subi une vraie explosion démographique et le nombre de jeunes dans nos catégories foot à 5 a doublé voire triplé. Avec l’apport de nos coaches diplômés, on peut se dire que l’avenir de nos catégories jeune est assuré. »

Pour les anciens de l’équipe séniors, les années sont par contre comptées et c’est à eux de continuer sur cette lancée pour essayer de donner envie aux jeunes de rester. « Je pense que si on arrive à maintenir notre équipe fanion en D2, voire la faire monter en D1, les Roquefortois auront envie de continuer notre aventure. Ce serait beau pour les supporters. On a de bons jeunes, et je pense qu’ils doivent suivre nos traces », conclut Benoit Succo. Les traces et les valeurs de toutes ces familles, ces bénévoles, ces joueurs, ces parents qui se dévouent chaque jour pour le club de leur village dont l’histoire ne peut que continuer de s’écrire.

Ethan Raccah

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