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21 juillet | 11h58

J. Piccamiglio : « 70 à 80% de fidélisation »

Deuxième club du District Provence en terme de licenciés (693), le SMUC n'a finalement pas été frappé de plein fouet par la crise sanitaire. Au contraire, le club a enregistré la venue d'une trentaine de nouveaux membres, comme l'explique le directeur sportif Johann Piccamiglio dans le cadre d'un entretien réalisé pour le dossier "Top licenciés".

Licences LICENCIÉS SMUC PROVENCE

Le SMUC est le deuxième club du département comptant le plus de licenciés. Quel regard portez-vous sur ce classement ?

C’est important dans le sens où malgré la période difficile que nous venons de vivre à cause du covid, on a encore augmenté nos effectifs. L’année dernière, nous étions 653 et cette année nous sommes 687 licenciés. On n’a pas perdu de licenciés mais on en a gagné une quarantaine de plus. Ce résultat provient bien entendu du fait que nous venons de créer l’école féminine l’année dernière. On avait 36 filles avec nous. On a récupéré des filles et gardé nos garçons. On a donc consolidé nos effectifs alors que le contexte pouvait nous rendre la tâche plus complexe. C’est bien car cela nous montre que les gens sont quand même attachés au club et attachés à ce qu’on peut leur proposer. Si cela n’était pas le cas, nous aurions eu une baisse.

Avez-vous eu peur des conséquences de cette crise sanitaire ?

Avant de connaître les chiffres, c’est vrai que nous partions un peu dans l’inconnu. Avec le dernier trimestre de l’année dernière qui a été interrompu, on ne savait pas trop où on allait. Heureusement, en étant un sport d’extérieur, nous n’avons pas eu les mêmes difficultés que les sports d’intérieur comme le handball ou le judo qui ont perdu pas mal de licenciés. Cela fait une dizaine d’années que nos effectifs tournent autour de 650 licenciés. Nos effectifs sont vraiment stables et encore ils ne sont volontairement pas supérieurs car on met des quotas maximums par catégories d’âge par rapport aux conditions d’entraînements que nous pouvons proposer. C’est pour cela que l’on savait que même si on allait perdre quelques licenciés, on allait avoir une marge avec le nombre de personnes qui veulent nous rejoindre chaque année et qu’on ne peut pas forcément accueillir.

Comment se comportent vos licenciés ? Est-ce qu’ils restent longtemps dans le club ?

Nous nous sommes rendus compte après diagnostic du Label que nous avons un gros taux de fidélisation jusqu’à 13 ans. Selon les catégories, on a entre 70 et 80% de taux de fidélisation d’une année sur l’autre. Après on a davantage de turnover entre les U15 et les U18. Dans ces catégories-là, c’est un joueur sur deux qui ne renouvelle pas. On n’arrive pas à les fidéliser donc cela n’est pas bien. Mais malgré cela, on a toujours le même nombre d’effectifs. Cela veut donc dire que nous avons les bons moyens pour attirer des nouveaux chez nous.

Au début de l’année, le SMUC a décidé de faire un geste auprès de ses licenciés : plus d’équipements offerts pour le début de la saison prochaine, mais aussi envers les parents en offrant des séances de fitness. Comment a été perçu ce geste ?

C’est vrai que pour l’année prochaine, nous allons offrir 40 euros d’équipements comme des sacs à dos et des gourdes à tous nos licenciés. Cela sera effectif dès la rentrée car nous avons déjà tout commandé. Les séances de fitness ont été offertes par le SMUC Général, mais il n’y a eu peut-être qu’une dizaine de personnes qui se sont servies de cela. Donc par rapport à notre nombre de licenciés, ce n’est pas beaucoup. En tout cas, nous, on avait fait la démarche de le proposer. Après, les gens, soit ils en profitent soit ils n'en profitent pas, mais cela n’est plus de notre ressort. Par contre, sur les stages de cet été, nous avons accordé une remise de 40 à 50 euros à toute personne qui avait déjà fait un stage en octobre 2020 ou en février 2021. C’est pour essayer de fidéliser nos licenciés et aussi et d’endommager les personnes qui sont fidèles au club.

"On fonde beaucoup d’espoirs sur le fait d'être pris en U14 Régional. Cela fait deux ans que l’on rate d’une ou deux places l’accession sur dossier"

Johann Piccamiglio, directeur sportif du SMUC

Le club a créé son école de foot féminines cette saison et sera partenaire de la section sportive féminine du collège de la Grande Bastide, en partenariat avec l’OM et le District de Provence. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce nouveau projet au sein du club ?

Le projet est venu depuis quelques années. On avait déjà une section sportive avec la Grande Bastide pour les garçons. Et comme la volonté fédérale est aussi de s’orienter vers la féminisation du football, on a vu avec l’OM et on a estimé qu’il était important de créer une section sportive féminine dans les quartiers sud. Surtout que l’OM développe aujourd’hui son centre de formation féminin. Le collège de la Grande Bastide étant juste à côté, c’était aussi une volonté de leur part. Sébastien, notre référent a trouvé l’idée intéressante et a donc décidé de la basculer vers les filles. Cette année, nous avions comme projet l’envie de créer une équipe U15 mais malheureusement ce projet ne va pas aboutir car depuis que nous avons fait des portes ouvertes depuis le mois de février, ce sont essentiellement des filles entre 7 et 11 ans qui se sont manifestées. Les cinq, six filles que nous avions pour l’année prochaine, nous ne pouvons malheureusement pas leur proposer de faire une équipe U15, donc elles vont rejoindre des clubs où il y a déjà des équipes en place. J’espère que l’on pourra développer cette catégorie dans deux, trois ans.

Quelle est l’ambition du SMUC au niveau de ses équipes de jeunes à court et long termes ?

On fonde beaucoup d’espoirs sur le fait d'être pris en U14 Régional. Cela fait deux ans que l’on rate d’une ou deux places l’accession sur dossier. Cela nous a causé beaucoup de tort, car nos meilleurs joueurs sont partis chez la concurrence. Pour être accepté, il faut terminer dans les 24 premiers. Les points sont comptabilisés selon des critères comme le nombre de licenciés, le Label, le parcours que nos U13 font en Coupe Régionale ou le nombre de joueurs qui partent en pôle espoirs. C’est d’ailleurs notre point faible car sur les dernières années on n’a pas eu de joueurs en phase finale des sélections du pôle espoirs. Et en Coupe Régionale, on a perdu au premier tour contre l’OM par exemple donc on n’avait pas marqué de points. L’année prochaine, ils vont augmenter le nombre de 24 à 30 équipes. J’espère que l’on va tirer le bon wagon pour monter en U14 Régional. C’est très important pour nous. Avec les montées générationnelles, c’est important d’avoir les U14 en Ligue.

Cela fait quatre ans que le SMUC est en partenariat avec l’Olympique de Marseille au niveau du projet OM Next Generation. Le projet porte-t-il ses fruits ?

Dernièrement, nous avons été invités à la Commanderie sur l’invitation de l’OM. Nous avons rencontré Frank McCourt et Pablo Longoria qui ont souhaité faire le point avec les représentants des clubs partenaires. Ils ont montré qu’ils étaient proches des clubs amateurs et ils ont expliqué qu’ils souhaitaient continuer ce projet. Le changement de direction n’a rien changé. Au contraire, Frank McCourt a demandé ce que l’OM pouvait faire de plus pour aider les clubs amateurs. On a dit que c’était déjà très bien de pérenniser ce qui était déjà en place.