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26 novembre | 10h10

Junior Ngaze (J3S Amilly), la Coupe de France pour briller

Junior Ngaze (22 ans), latéral droit de formation, évolue actuellement à Amilly en N3. Passé par l’académie du Stade de Reims et de Châteauroux, le jeune homme espère retrouver une division à la hauteur de son talent. Pour tenter de taper à l’oeil des radars, il profitera de la réception de Quevilly Rouen (Ligue 2) ce samedi en Coupe de France.

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Les Ngaze, une famille de footballeur

Le foot est une affaire de famille chez nous. Mon père était professionnel en Afrique, et mon grand-père était international avec le Cameroun. Pour ma part, j’ai commencé dans un petit club en Champagne-Ardenne avant de me faire repérer par le Stade de Reims.

Son passage à Reims …

J’ai intégré le centre de formation à l’âge de 12 ans. Je suis entré avec les catégories U13 et je suis resté jusqu’en U17. Pour ma première année avec les U17 Nationaux, j’étais le titulaire du poste, mais lors de ma deuxième année, j’étais souvent surclassé avec U19 Nat pour faire le banc. Une fois arrivée avec les moins de 19 ans l’année suivante, le coach en place donnait plus de temps de jeu aux deuxièmes années, la génération 98. C’est pourquoi j’ai décidé de quitter le club et rejoindre une équipe dans laquelle j’aurais plus de chance de jouer. Le club voulait que je reste, mais d’un autre côté, je n’avais pas de certitude sur mon temps de jeu. J’aurais préféré que Reims me dise : « On va te faire jouer, et tu auras telle et telle condition dans ton contrat » mais je n’ai pas eu droit à ces paroles-là.

… puis à Châteauroux

J’ai alors rejoint la Berrichonne de Châteauroux. C’était un niveau plus faible que le Stade de Reims donc j’ai pu très vite m’adapter. Le directeur du centre, Armindo Ferreira, m’avait fait comprendre qu’il avait réfléchi à un projet sur deux ans en ce qu'il me concerne, avant de me faire basculer chez les pros. Dès ma première saison avec eux, j’étais "un deuxième année" en catégorie U19 et je jouais en tant que titulaire avec la réserve en National 3. C’était très bien. À la fin de cette année-là, Jérôme Leroy est venu me voir pour me dire que j’avais fait une très bonne saison et qu’il voulait que je reprenne la suivante avec les pros. J’ai donc fait la préparation avec eux, et j’ai pu jouer quelques matches, mais je suis vite redescendu avec la réserve. À partir de là, je ne voulais pas continuer en N3 parce que je savais que j’avais le niveau pour jouer au dessus.

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Junior Ngaze, à l'entraînement avec La Berrichonne de Châteauroux

Les joueurs qu’il a côtoyés à la Berri

Il y avait Yanick M’Bone, Opa Sangante, Christophe Mandanne, Maxime Barthelmé ... Je pense que ce sont des mecs qui se rappellent très bien de moi parce que la prépa s'était bien passée pour ma part. Il y avait aussi le fils de Jérôme Leroy (Léo Leroy), Haissem Hassan, Baptiste Canelhas … Tous ces jeunes que j’ai côtoyés ont pu signer pro, mais malheureusement pas moi. Mais je n’ai jamais baissé les bras, et sur le coup, je me suis simplement dit que chacun aura son heure.

Constat de son échec en centre de formation

J’étais sans doute trop gentil par moment. J’aurais peut-être dû être plus méchant parce que j’ai accepté certaines situations que je ne comprenais pas forcément, notamment sur des choix du coach. J’aurais pu parler avec l’entraîneur et lui demander pourquoi un tel joue alors que j’estime être meilleur que lui. Mais à cet âge-là, tu ne réalises pas forcément et tu n’as pas conscience des choses. Tu te dis juste « tais-toi et entraîne toi, tu verras que ton tour va arriver ». C’est peut-être cela qui m’a fait défaut à Reims. J’aurais simplement dû montrer plus de caractère, sur et en dehors du terrain. Dans le football il ne faut pas voir de sentiment. Si tu ne t’affirmes pas, tu n’avances pas. Mais c’est aussi valable pour la vie de tous les jours.

Un passage en amateur avant de rebondir ?

Je suis à Amilly (J3S Amilly, N3) depuis deux saisons et tout se passe bien. J’enchaîne les matches, et quand je suis sur un terrain de foot je suis heureux. Mais à 22 ans maintenant, il faut que je passe un cap et que j’avance. Pour le moment en France, je n’ai pas eu la chance que je mérite, et aujourd’hui, j’ai des envies d’ailleurs. Mon coach et mes coéquipiers le savent. En sortant d’un centre de formation, on vient en amateur pour se relancer.

Son profil de joueur

Je suis un latéral très offensif et très bon en un contre un défensif. Selon moi, je dois améliorer mes stats pour être encore plus décisif. Cette saison c’est compliqué pour moi de m’exprimer de la meilleure des manières. Nous sommes une équipe reconstituée, avec beaucoup de nouveaux et nous n’avons pas encore nos automatismes. Les résultats en championnat ne sont pas bons et dans ce genre de situation on a tendance à adopter une tactique défensive. On défend plus qu’on attaque, et pour un latéral offensif comme moi, ça devient difficile. Dans une équipe qui aime jouer au ballon, dans laquelle le coach demande à ses latéraux de monter, je suis sur que je peux mettre en avant mes qualités. Mais pour le moment, avec nos résultats négatifs, on essaie de limiter la casse.

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Junior Ngaze, sous les couleurs du Stade de Reims

Le match de Coupe de France contre Quevilly

Que ce soit pour moi ou pour mes coéquipiers, c’est un match dans lequel on peut se montrer. Nous savons que ne sommes clairement pas favoris donc on n'a rien à perdre. Ce genre de rencontre ne peut être que positif pour nous. Que ce soit un match contre une Ligue 2, N2 ou N3, un match c’est un match, mais des comme ça, peut-être qu’on en jouera qu'un seul dans nos vies. Je ne me mets pas de pression parce que cela ne sert à rien. C’est une rencontre historique pour le club et tout le monde ici a hâte d'être samedi.

Ses ambitions

Je n’ai pas de rêve particulier, je veux simplement avancer et titiller le haut niveau. Je suis ouvert à tous les projets, dans n’importe quel pays. Aujourd’hui, tous les championnats affichent de bons niveaux. J’ai eu quelques approches déjà, en Belgique et en Italie notamment, mais rien de concret pour le moment.


Propos recueillis par Ahmet RAYMAN

(Crédit photo : USM Saran)

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