Quantcast
Interviews

6 avril | 16h01

L’interview décalée d'Ali Ben Nasr (AS Fontonne)

Actuellement à la tête des U15 D1 et U20 R à l’AS Fontonne, Ali Ben Nasr est éducateur depuis l’âge de 20 ans. L’antibois de 43 ans est en parallèle, chargé de la section sportive du club. Il s'adonne à cette nouvelle interview décalée !

AS Fontonne INTERVIEW DÉCALÉE

L’entraîneur qui vous inspire ?

Tout le monde m'inspire, quel que soit le sport. Il y a Claude Onesta, pour son intelligence et ses qualités naturelles de manager. Pour la gestion, des émotions et la simplicité, je dirais Zinédine Zidane et Carlo Ancelotti. Dans le monde amateur, tous ceux avec qui j'échange fréquemment, Olivier Simonini, notre directeur sportif ou bien Malik mon cousin qui est chargé des U15 D3 au club, ils m'apportent aussi au quotidien.

Quel « crack » que vous avez eu sous vos ordres ou affronté vous a le plus impressionné ?

En seniors, il y a Nicolas Aiglin, Christophe Basler, Sami Benouhab, Mourad Ben Nasr et tant d'autres comme Sébastien Pierron qui étaient tous d'excellents joueurs, mais qui brillaient par leur état d'esprit. Humainement, c'étaient des "cracks". Chez les jeunes, je dirais Giovanni Preve pour sa maturité et Hugo Fernandes Soares pour son humilité. Tous deux évoluent chez nous à l’AS Fontonne. Au-delà des individualités, je suis beaucoup axé sur la notion de groupe. Le groupe que j'ai entraîné et qui m'a le plus marqué est peut-être celui de cette année en U15. Une bande de copains qui ne rechignent jamais à travailler et à progresser.

Un rituel avant chaque match ?

Le câlin à ma fille quand je pars de la maison, le jour du match.

Votre expression favorite sur le banc ?

« Resserrer dans l'axe » ou alors « fermer l'axe ».

Quelle est la plus grosse difficulté quand on entraîne une équipe de jeunes ?

On a avant tout un rôle éducatif avec les jeunes. Je dirais qu'il est plus facile de rassembler et de fédérer un groupe de jeunes que d'U20 ou seniors. Le plus difficile chez les jeunes est le choix des joueurs pour les convocations. J’ai beaucoup moins de scrupule avec les seniors.

Quel est votre plus gros regret ou déception en tant que joueur ou entraîneur ?

Pas de regret ce n'est que du football au final. Même si je m'investis totalement dans ma passion, au final, c'est un jeu. Pour ce qui est des déceptions, en réserve avec Fontonne, il y a trois ans, je n'oublierai jamais la tristesse de mes joueurs à Villefranche suite à un but concédé dans les arrêts de jeu. Ils avaient tout donné ! Des seniors de 30 ans qui pleurent. Il y avait de la beauté dans cette émotion sincère, remplie de tristesse.

Vous êtes quel type de manager ?

Je suis un manager participatif. Les bonnes idées émanent de tout le monde et je ne pense pas avoir été frappé par la grâce, tout savoir et être compétent sur tout, tout le temps. Il y a la citation d’Antoine de Saint-Exupéry qui est dans le livre de Claude Onesta « le règne des affranchis » qui résume très bien cela : "Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer." Quand je manageais des seniors, cette citation est tout le temps affichée une fois dans l’année pour provoquer chez eux l’investissement.

Je les mettrais également en garde sur leur mental et leur sociabilité. Ce sont beaucoup de candidats pour très peu d’élus

Ali Ben Nasr, au sujet des jeunes qui souhaitent devenir footballeur professionnel

Quelles sont vos ambitions dans le coaching ?

Entraîner le plus longtemps possible, peu importe la catégorie d'âge et le niveau de pratique. Toujours progresser et évoluer par le biais des formations et des échanges avec de nouvelles rencontres afin d'en faire profiter mes joueurs et mon club.

Est-ce que le jeu Football manager a eu un rôle dans votre choix de devenir entraîneur ?

Non, pas du tout, je suis de l'ancienne génération. Mon cousin, Malik, il y joue beaucoup. Il a essayé de me mettre dedans, mais cela ne m'intéresse pas, c'est trop virtuel !

1-0, 85e minute. Quelle tactique adoptez-vous ? Vous mettez le bus où vous laissez votre équipe sans modification ?

Durant mes séances, j'installe des scénarios où l’on répète ces situations. Mes joueurs sont sur le terrain, ils doivent gérer leurs émotions et afficher de la discipline et beaucoup de maîtrise mentale. En tant que coach, je dirais que cela dépend de ce que je constate sur le terrain. Les changements illimités peuvent être un moyen de casser le rythme ou bien remplacer un joueur défaillant au profit d’un autre plus performant.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent devenir footballeur professionnel ?

De croire en ses rêves et de tout faire pour y arriver sans oublier de ne pas mettre toutes ses billes dans le même sac. L'école est très importante. Dernièrement, au cours d'une formation, le formateur avait dit une phrase intéressante : "Toujours rester hybride, jamais intégriste". Je les mettrais également en garde sur leur mental et leur sociabilité. Ce sont beaucoup de candidats pour très peu d’élus.

Qu’avez-vous à dire aux parents qui voient leur enfant comme le prochain Mbappé ?

Je dirais de voir leur enfant tout simplement comme leur fils. De l’accompagner dans ses rêves à lui et ses frustrations à lui, et non pas les leurs. J'avais une prof d'histoire au collège Bertone qui nous disait souvent "Vous êtes rares et précieux, car vous êtes unique sur terre."

Complétez la phrase. Cette interview…

Cette interview est l'occasion pour moi de remercier ma femme de me donner autant de "temps de jeu" sur les terrains (rires)... Je remercie également mon club par le biais de ses coprésidents, du comité directeur et de son directeur sportif de m'avoir fait confiance cette année en termes de responsabilité. J'ai la chance d'être dans un club surprenant qui ne cesse de proposer et d'innover pour ses plus de 740 licenciés. C'est génial de faire partie de l’aventure pour le passionné que je suis. Je fais un clin d'œil à tous les joueurs que j'ai eu la chance d'entraîner dans ma vie, sans oublier les U15 et U20 de cette année, mais aussi les dirigeants Joachim et Aurélio qui sont avec moi avec les U15 et U20. Je remercie également tous les dirigeants et bénévoles qui œuvrent pour le club. Une petite pensée pour Mathilde et JP que je harcèle au téléphone pour l’administratif. Merci également à vous, Actufoot pour la promotion du foot amateur.

Restez informé !

Inscrivez-vous à notre newsletter :