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Interviews

30 septembre | 17h22

Migouel Alfarela : « Je n'avais pas le choix de me battre »

Arrivé l'été dernier au Paris FC (L2) en provenance d'Annecy (N1), l'attaquant de 23 ans s'est exprimé en exclusivité pour Actufoot.

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Trois ans après son départ du centre de formation du Havre où il n'a pas reçu le premier contrat pro qu'il pensait mériter, Migouel Alfarela a finalement réussi à atteindre le niveau Ligue 2 lorsqu'il a choisi cet été de s'engager avec le Paris FC. Entre temps, l'attaquant de 23 ans a connu un parcours atypique. Il a d'abord rebond à Gonfreville, club de National 3 situé près de chez lui avant de s'envoler pour Annecy, connaissant les joies d'une montée en National puis d'un maintien pour lequel il a été prépondérant. Sollicité par plusieurs écuries lors du mercato estival, le natif de Montivilliers (Seine-Maritime) a opté pour le projet parisien et il nous a expliqué pourquoi.

Comment se déroulent tes premiers au Paris FC ?

Mon acclimatation se passe pour le mieux, je me suis bien adapté. Il y a pas mal de matches que je n'ai pas commencés mais je suis toujours entré en jeu, en étant quasiment tout le temps le premier à sortir du banc. Ma relation avec le coach est bonne, il me donne du temps de jeu. Bien sûr, il y a certaines rencontres lors desquelles on aurait préféré un meilleur résultat.

Qu'est-ce qui t'a séduit dans le discours des dirigeants cet été ?

Les ambitions du club et le projet de monter en Ligue 1. Aujourd'hui, c'est l'un des plus gros projets du championnat et les trois play-offs atteints sur les quatre dernières saisons le prouvent. Le discours du Paris FC m'a beaucoup parlé, c'est pour ça que j'ai pris cette décision.

Le PFC a l'habitude de recruter aux étages inférieurs ces dernières années. Ils ont mis cela en avant pour te convaincre ?

Ils donnent leur chance aux jeunes joueurs qui n'ont pas réussi dans leur centre de formation ou qui n'en ont jamais eu, et évoluent par exemple en National. Le directeur sportif Frédéric Hebert m'a dit qu'il faisait partie de ceux qui comptent le plus sur les jeunes joueurs de National parce qu'il estime qu'on peut franchir chaque niveau. Ca m'a donné confiance, je me suis dit que j'allais pouvoir progresser et jouer.

Comment ne pas la laisser passer, cette deuxième chance de réussir chez les professionnels ?

Je ne peux pas la laisser passer. Je savais qu'elle allait arriver mais je ne savais pas quand. Il n'y a que le travail qui pouvait déterminer ça d'autant plus qu'on sait que dans le foot, ça va très vite. J'ai vécu le moins bien et avec le travail, je réussis à obtenir de bonnes choses. J'ai fait le choix du Paris FC alors que j'avais d'autres propositions en Ligue 2 et à l'étranger.

Ca m'a marqué mais aujourd'hui, je n'ai plus de rancune, je ne ressens plus rien. Oui, c'est toujours dans un coin de ma tête parce qu'on n'oublie pas ce qui nous arrive. Mais je n'ai plus cette douleur qui me fait dire : "Put***, je n'ai pas réussi au Havre". Tout ça, c'est derrière moi.

Gardes-tu encore aujourd'hui des stigmates de ton départ du centre de formation du Havre ?

Ca m'a marqué mais aujourd'hui, je n'ai plus de rancune, je ne ressens plus rien. Oui, c'est toujours dans un coin de ma tête parce qu'on n'oublie pas ce qui nous arrive. Mais je n'ai plus cette douleur qui me fait dire : "Put***, je n'ai pas réussi au Havre". Tout ça, c'est derrière moi.

Qu'est-ce qui t'a donné la force de ne pas lâcher et de remonter la pente en signant en N3, à Gonfreville ?

J'ai eu un enfant très jeune, à l'âge de 19 ans et quand Le Havre ne me conserve pas... [Il se reprend] Quand ils ne me font pas signer pro mais me proposent un contrat amateur, je me rappelle avoir dit à Christophe Revault que je valais mieux que ça. J'ai fait des essais à Sion en Suisse sauf que le HAC m'a bloqué, ils demandaient des indemnités de formation et un pourcentage à la revente. Ensuite, retour au Havre où j'ai travaillé dans le bâtiment avec mon père tout en jouant à Gonfreville. Je n'avais pas le choix de me battre pour mon petit garçon et ma femme.

Avais-tu cet esprit revanchard, aussi, par rapport au HAC ?

Jai dit dans une précédente interview que je suis une erreur du Havre et que je savais que j'allais rebondir. Aujourd'hui, je pense avoir réussi. Le Havre est peut-être déçu parce qu'ils ont laissé quelqu'un qui avait le potentiel pour jouer en Ligue 2.

Ca a représenté quelque chose, pour toi, de fouler la pelouse Stade Océane le 7 août dernier ?

Oui, je jouais dans ma ville natale, devant beaucoup d'amis et quasiment toute ma famille.

Et ton premier but en pro à Grenoble, quelques minutes seulement après ta première entrée en Ligue 2. Est-ce qu'à ce moment-là, tu repenses à tous les sacrifices auxquels tu as consenti ?

C'était beaucoup d'émotions parce que c'est le fruit du travail, une grosse récompense mais il appelle plein d'autres !

En quoi les deux saisons que tu viens de passer à Annecy ont été déterminantes dans ton évolution personnelle ?

Déjà, ça m'a permis de réaliser une montée en National. Je trouve que c'est important pour un joueur de vivre des moments comme ceux-là dans une carrière. Dans un CV, c'est toujours bien aussi. J'ai grandi à Annecy, on peut dire que je me suis affirmé comme un cadre. J'ai beaucoup progressé là-bas, j'ai marqué des buts et c'est ce qui m'a permis d'aller plus haut.

A l'image de l'équipe, tu as terminé la saison dernière en trombe.

J'ai un peu moins joué sur la première partie de saison et après mon premier but en janvier, j'ai quasiment joué tous les matches. J'ai terminé le championnat avec 7 buts et 7 passes décisives, ce qui est pas mal juste sur la deuxième phase.

Actufoot • ALFARELA GRANDE TAILLE

Migouel Alfarela sous les couleurs d'Annecy, ici face au Red Star (Crédit photo : Icon Sport)

Tes anciens partenaires font un super début de saison (3e). Continues-tu de les suivre et jusqu'où penses-tu qu'ils peuvent aller ?

Carrément, d'ailleurs on se charrie un peu au Paris FC avec Maxime Bernauer et Yohan Demoncy qui jouaient aussi en National l'an dernier (au Mans et Orléans, ndlr) quand on parle de nos anciens clubs. Je trouve qu'Annecy n'a pas spécialement une meilleure équipe que l'an dernier mais les joueurs se complètent super bien. Jean-Philippe Nallet et Sébastien Faraglia n'auraient pas pu faire mieux sur le recrutement. Je regarde presque tous les matches du club et je le vois finir dans les trois premiers.

Quels joueurs t'ont fait bonne impression ?

J'aime bien les nouveaux latéraux Arnold Temanfo et Maxime Bastian. Et puis il y a la doublette Kévin Testud/ Romain Spano qui peut les amener au-dessus. Je pense que si on avait été associé dès le début de saison passé avec Romain, on n'aurait pas connu une année aussi difficile.

Le Paris FC peut-il vraiment monter en Ligue 1 ?

Deux, trois équipes peuvent accrocher quelque chose et je nous compte dedans. Le coach nous répète qu'il faut garder la tête froide et ne pas prendre de match à la légère. On sait que pour réussir en Ligue 2, il faut de la constance et pas faire les montagnes russes.

Recueillis par Thomas Gucciardi

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