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Jean-Daniel Padovani : « J’ai cette envie de retrouver le haut niveau »

12/05/2021 à 11:27

Entraîneur des gardiens de la N2 du FC Martigues depuis 2018, Jean-Daniel Padovani (41 ans) émet le souhait de s'orienter vers un nouvel horizon pour la saison 2021-2022. L'ancien portier professionnel de Nice, Angers, Cannes ou encore Dijon nous fait part de ses envies. Entretien. (Photo : DR).

Qu’est-ce qui vous a motivé à avertir le FC Martigues (National 2), où vous exercez depuis 2018, de votre intention de vous orienter vers un nouveau projet en cas de proposition intéressante ?

En effet, j’ai rencontré les dirigeants, ils sont au courant de ma démarche et la possibilité que je quitte le club (il est sous contrat jusqu’en 2022). Je me sens prêt et j’ai cette envie de retrouver le haut niveau. Je parle des trois divisions supérieures parce que finalement, on a vu cette saison que nous n’étions pas considérés comme le haut niveau en N2. Alors il en faut pour tout le monde, mais j’ai envie de refaire mon métier dans un championnat national, pour apporter ce que j’ai pu apporter aux gardiens que j’ai entrainés ainsi qu’aux staffs et coachs avec lesquels j’ai collaborés.

Concrètement, vous êtes à la recherche d’un poste d’entraîneur des gardiens de but en Ligue 1, Ligue 2 ou en National 1.

Oui mais je ne suis pas non plus fermé à l’étranger. Je suis quelqu’un qui n’a pas peur de bouger, qui est ouvert à beaucoup de choses. J’ai ma méthodologie, mon identité, ça me permet de pouvoir m’expatrier et d’apporter également mon idée du poste. Ça a plutôt bien marché avec les gardiens que j’ai eus. Cette année, j’ai entraîné Steeve Elana qu’on ne présente plus, j’ai eu deux gardiens que j’ai récupérés à Martigues et qui ont fini internationaux avec Madagascar et les Comores, et les deux se sont qualifiés pour la CAN. J’ai eu Jeffrey Baltus quand j’étais au CA Bastia et il avait terminé dans les trois meilleurs gardiens de National. Quand on est entraîneur principal, ce sont les statistiques de l’équipe qui comptent, quand on est entraîneur des gardiens, ce sont celles de ses portiers. En toute humilité, c’est important de montrer qu’ils sont tous satisfaits et performants.

Comment se matérialise grosso modo votre méthodologie ?

Je n’invente rien, mais disons que j’essaie de me mettre au goût du jeu même si je n’ai que 41 ans. (sourires). Je prends vraiment en considération le projet de jeu du coach, et selon moi c’est important que le gardien soit considéré comme le onzième joueur. Il ne faut pas perdre de l’esprit que le gardien doit avant tout être décisif, bien entendu, mais l’intégrer au jeu a son importance. Ensuite, on est beaucoup plus maintenant sur de la périodisation tactique donc j’aime bien me référer aux matchs qui vont être joués pour pouvoir travailler durant la semaine. J’entraîne des gardiens de haut niveau qui ont bien évidemment déjà des bases, des qualités. Ils savent à peu près tout faire, ce qui est complètement différent d’un gardien en formation où on va être plus sur de la planification et bosser certaines bases leur permettant d’acquérir les fondamentaux. Je pense que le but du gardien est d’être bon en compétition donc je travaille pour ça, aussi en faisant dans la contextualisation. J’essaie de mettre en place des séances spécifiques en fonction de ce que demandent les coaches, de ce qu’il peut nous arriver le week-end. Enfin, je fais appel au domaine cognitif et aux préférences motrices.

C’est important d’avoir une palette de compétences large dans le milieu du foot ?

J’essaie de toucher un peu à tout pour me mettre à la page et répondre aux attentes des clubs, des staffs et des gardiens. En tant qu’entraîneur, je suis avant tout au service du coach, du gardien. Mon but c’est de les préparer le mieux possible et qu’ils soient les meilleurs possibles pour que le coach fasse ses choix. Les préférences motrices me permettent de bien individualiser le travail par rapport au profil de chacun. C’est hyper intéressant parce que les aspects techniques et tactiques entrent en jeu mais aussi le côté mental. Je suis au plus près de mes gardiens.

Que pensez-vous pouvoir apporter à un staff sur le plan humain ?

Déjà, je sais rester à ma place, celle d’entraîneur des gardiens. Je m’immisce très rarement dans les choix du coach. En tant que joueur, partout où je suis allé, ça s’est bien passé parce que je suis avant tout un passionné, quelqu’un de très ambitieux. Je sais qu’on a de la chance de faire ce travail et de pouvoir vivre de notre passion. Ce que je peux apporter, c’est cette expérience, cette envie et mon humilité. J’ai des convictions mais je les applique tout en étant le plus humble possible. Elles se sont renforcées au gré des expériences, formations que j’ai pu faire et du travail réalisé au sein de la Ligue Méditerranée.

Le CV de Jean-Daniel Padovani