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Mathieu Orsolani (Koh-Lanta) : « Tu es presque obligé de penser comme un animal »

16/04/2021 à 11:30

Candidat de Koh-Lanta Les Armes Secrètes sur TF1, Mathieu Orsolani (29 ans) ne laisse personne indifférent, qu'il s'agisse de ses coéquipiers dans l'émission ou des téléspectateurs, qui ont découvert un homme au caractère bien trempé mais non moins attachant. Ancien membre d'Orsi Ribelli, principal groupe ultra de l'AC Ajaccio, il a accepté de se confier en exclusivité à Actufoot sur son rapport au football, ses liens avec l'ACA et forcément un petit peu sur son aventure polynésienne.

Quand on a creusé sur ton profil et qu’on est tombé sur des photos aux côtés d’Olivier Pantaloni et des joueurs de l’ACA (voir plus bas), on a de suite flairé en toi l’âme d’un supporter acéiste. On s’est trompé ?

Non, c’est bien le cas (sourires), même si je ne fais plus partie de l’Orsi Ribelli, le principal groupe des ultras de l’ACA. J’ai arrêté il y a quatre, cinq ans, avec le travail et d’autres choses, je n’avais plus trop le temps. Mais oui, j’ai été un membre actif au sein des supporters du club.

Comment cette passion a grandi chez toi ? Tu as été biberonné à l’ACA ?

Quand j’étais petit, je montais au stade et ça s’est fait au fur et à mesure. Le président de l’Orsi Ribelli, Pierre-Nicolas Berreti, est un très bon ami à moi. Je suis allé une fois en tribunes avec eux et puis la passion a pris le dessus. J’ai commencé à attaquer les déplacements à Nice, Toulouse, Grenoble, Paris etc. C’était une superbe expérience, énorme aussi parce qu’on parle l’époque où l’ACA était en Ligue 1.

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Tu es un peu nostalgique parfois de cette période ?

Ah ouais ! Ca me manque mais je trouve aussi que le foot a trop changé. Avant, il y avait des matches avec de l’impact physique, même dans les tribunes. Maintenant, on a la VAR qui selon moi tue le football. C’est devenu un sport de robots.

Tu ne t’y retrouves plus vraiment ?

Plus du tout. Et je ne prends plus aucun plaisir à regarder un match de foot. Ca m’arrive quand même de regarder ceux de l’ACA ou les très gros matches de Ligue des champions. Avec le covid, c’est encore pire parce qu’il n’y a personne dans les tribunes. Pour moi, les supporters représentent l’essence du foot. Un match sans public, c’est catastrophique. Je garde toujours la passion du foot mais j’ai un peu perdu de ma ferveur.

Mathieu Orsolani (au premier plan) participait aux déplacements de l’ACA avec le groupe Orsi Ribelli

Récemment, tu as communiqué sur un centre de football basé à côté de chez toi. Tu as une activité liée au foot en parallèle de ton métier d’élagueur ?

Mon ami Ludovic Sandolo a créé le Fun Foot à Ajaccio, une académie qui organise entre autres des stages pour les enfants. Etant donné que je ne travaille pas en ce moment, je lui donne un petit coup de main et il s’avère que je me suis pris d’affection pour les gosses. J’ai adoré faire de l’animation avec eux et comme ils savaient que j’ai fait Koh-Lanta, ils étaient un peu émerveillés. En fait, j’ai retrouvé à leurs côtés les bases du foot, le plaisir, sans prise de tête, le contrôle-passe, cette envie de gagner aussi qu’ils ont quand il y a de la compétition. C’est ça qui me plaît, pas tous ces trucs de VAR, de caméras ou je ne sais quoi.

Ca t’a donné des idées pour la suite et un rôle d’éducateur ?

Honnêtement, non. Je ne pensais pas qu’être avec des enfants allait me plaire, mais je fais surtout ça pour aider mon ami. C’est plaisant pour moi qui ai 29 ans de les voir s’amuser parce que ma génération était tout le temps dehors, il n’y avait pas le téléphone et les réseaux sociaux. De nos jours, c’est plus une génération Playstation, qui ne sort pas. Donc ça fait plaisir de les voir taper dans un ballon plutôt que devant l’écran enfermés à la maison.

« Il faut dire ce qui est, ce qu’ils sont en train de faire, c’est extraordinaire »Mathieu Orsolani, à propos du Sporting

C’est possible à ses heures perdues de penser et parler de football sur le camp de Koh-Lanta ?

Bien sûr. J’en ai parlé avec mes coéquipiers que ce soit Thomas qui supporte le PSG, Myriam qui est pour Lyon ou Flavio pour Nice. On a partagé des discussions, ils étaient très intéressés par l’histoire de la Corse en général donc tu parles forcément de l’ACA, de Bastia, du Gaz’. Je leur ai raconté l’époque où il y avait les derbys chauds entre l’ACA et le Sporting, j’ai de magnifiques souvenirs de cette époque-là.

Mathieu (au centre) entouré de ses coéquipiers Flavio (à gauche) et Thomas (à droite) au sein de l’équipe des Toa

 Tu parles de derby entre Ajaccio et Bastia, on n’est plus très loin de les retrouver en Ligue 2 la saison prochaine (Bastia peut valider sa montée lundi prochain à Furiani contre le SC Lyon).

Je supporte l’ACA mais c’est tout ce que je souhaite à Bastia. Il faut dire ce qui est, ce qu’ils sont en train de faire, c’est extraordinaire. Remonter comme ça de division en division… C’est mon souhait le plus grand qu’ils remontent afin qu’on retrouve les derbys d’avant. Ce serait magnifique.

C’est le genre de matches qui pourrait t’aider à retrouver cette ferveur ?

Complètement, pour moi le foot c’est des stades plein, c’est les derbys en Angleterre. On espère retrouver ça la saison prochaine.

Revenons à la communication de l’AC Ajaccio où l’on te voit poser avec le maillot de l’équipe au milieu du groupe pro. D’où est partie l’initiative ?

De mon ami Pierre-Nico encore, qui est un fan de Koh-Lanta. Il m’a dit que ce serait magnifique que je monte au stade en tant que supporter et ancien membre d’Orsi Ribelli. Il a fait le lien et le club m’a réservé une surprise, j’ai fait le tour des locaux et les joueurs de l’équipe pro m’attendaient pour faire une photo. Ils m’ont offert un maillot dédicacé, j’ai pu discuter avec le coach (Olivier Pantaloni) et ils m’ont tous apporté leur soutien. J’ai passé un super moment !

Début mars, l’ACA a reçu la visite du candidat corse de Koh-Lanta Mathieu Orsolani (Crédit photo : AC Ajaccio).

Quel regard tu portes sur la saison de l’ACA ?

Franchement, c’est une saison particulière à cause du Covid. Je pense que pour les joueurs, c’est vachement compliqué d’évoluer et de faire des matches sans leurs supporters, surtout à Ajaccio. L’équipe n’est pas loin du maintien et c’était le premier objectif de la saison. Maintenant, on espère, si Dieu le veut, pouvoir repartir sur une nouvelle saison avec des stades plein. Je suis confiant pour la suite.

Tu parlais d’essence tout à l’heure, celle d’Actufoot, c’est le football amateur. Tu as ou eu des liens avec ?

J’ai joué à Bastelicaccia et j’ai plusieurs amis qui y étaient en DH, mais aussi à Boco (Bocognano, ndlr) ou à l’AFA. Quand on vit en Corse, on a forcément des connaissances qui jouent au ballon. (Sourire). J’allais les voir lorsqu’ils jouaient mais la plupart évolue maintenant en corpo. Après, il faut savoir que le niveau en corpo est énorme chez nous, parce que c’est tous les anciens joueurs de DH qui se retrouvent.

« Tu penses un petit peu à ta vie d’avant mais tu es presque obligé de penser comme un animal, parce que tu reviens vraiment aux instincts primaires »

Les matches entre équipes corses et azuréennes, notamment en N3 Méditerranée, soulèvent parfois quelques tensions. De quel oeil tu vois ça ?

C’est toujours pareil. Dès qu’il s’agit d’un club corse, on nous catégorise, on dit que c’est nous les méchants. Et quand ça se passe entre deux équipes en « France » je dirais, il n’y a pas de problème. Par exemple, dès qu’il y a un problème avec l’ACA, Bastia ou le Gaz’, tu peux être sûr que ça fera les gros titres le lendemain. Je n’ai pas envie de faire le Calimero mais le racisme anti-corse au niveau du foot, ça existe clairement.

Sur Koh-Lanta, tu témoignes de ta haine de la défaite et exprimes ton caractère impulsif et impatient. Tu es comment sur un terrain de foot ?

C’est simple, je faisais un quart d’heure, je prenais un jaune puis un deuxième et ça faisait rouge. (rires). Quand j’étais sérieux à l’entraînement, je commençais les matches mais généralement je rentrais plus à la fin. Je jouais milieu droit et j’allais assez vite mais le problème, c’est que j’avais beaucoup de mal à gérer mes émotions. En fait, si je tombais sur un défenseur insultant, qui met des petits coups comme ils savent le faire, et ça fait partie du jeu, je capotais direct. Ca me faisait sortir du match et ciao.

C’était quoi la chose la plus difficile à gérer sur Koh-Lanta ?

Les passions passent à l’arrière-plan donc c’est la faim, la fatigue, le manque de confort. T’es complètement ko. Tu penses un petit peu à ta vie d’avant mais tu es presque obligé de penser comme un animal, parce que tu reviens vraiment aux instincts primaires. Il n’y a plus de télé, de téléphone, il faut chasser, manger et basta.

Recueillis par Thomas Gucciardi