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Valentin Tacheau : « Le Racing CFF est dans une dynamique intéressante »

07/05/2021 à 15:46

On poursuit aujourd’hui notre rubrique un jour-un club avec le Valentin Tacheau, défenseur et vice-capitaine du Racing CFF (N3). Formé au Mans, professeur d’EPS, il nous parle de son parcours et de sa vision du football.

Valentin, quel est votre état d’esprit par rapport à cette saison ?

C’est pas facile surtout qu’on avait un super groupe. On était premier du championnat, ce qui nous promettait une saison excitante à jouer, et je me voyais vraiment aller au bout cette année avec le Racing. Toute cette période est vraiment compliquée à gérer car tu passes de quelque chose de palpitant tous les weekends à seulement des entraînements en semaine sans mise à l’épreuve à la clé.

En réalité, on est passé à un sport totalement différent. Je le compare un peu aux joggeurs qui vont faire leur petit footing, nous ne sommes que sur de l’entretien. Après pour être honnête, au Racing on a quand même eu cette chance de pouvoir s’entraîner, ce qui est déjà pas mal, on a vu que des N2 ne s’entraînaient pas par exemple. On peut donc dire qu’on a pu quand même rester dans un état d’esprit foot.

Vous êtes au Racing depuis 3 saisons, vous avez 28 ans, quel est votre rôle dans l’équipe ?

Je me considère un peu comme un cadre car c’est vrai que cela fait 3 ans que je suis ici et aujourd’hui ça suffit pour être l’un des plus vieux de l’effectif, vu qu’il y a eu beaucoup de mouvements. Je suis vice-capitaine et j’essaye d’être proche des plus jeunes car j’ai durant mon parcours moi aussi essayé de monter dans les niveaux et je me suis souvent retrouvé en tant que jeune dans des groupes de « grands ». Je sais que ce n’est pas facile et que c’est vraiment bien d’être aiguillé par les plus expérimentés, d’avoir des retours sur ce qu’on fait, recevoir des petits conseils, quelques points d’améliorations ou retouches sur son jeu.

C’est grisant d’occuper ce rôle car en plus il y a vraiment des jeunes au Racing qui vont aller au dessus et qui finiront minimum en Ligue 2 selon moi et si je peux contribuer à ça, je ne rechigne pas. De toute façon, j’ai cette volonté d’aider en moi, c’est ma nature. Personnellement je suis prof d’EPS donc j’essaye tout le temps de faire atteindre le meilleur niveau à chacun, que ce soit au travail à l’école ou au Racing avec les jeunes.

« Ce n’est vraiment plus qu’une question de temps pour que le Racing retrouve le plus haut niveau »Valentin Tacheau

Comment jugez-vous ce club qui semble vouloir se donner les moyens de retrouver son illustre passé ?

C’est vrai que le Racing se structure saison après saison. Cela bouge beaucoup et nous sommes vraiment dans une dynamique intéressante avec des éducateurs, des bénévoles, des actions et pas mal de projets à droite et à gauche. Tout ça est vraiment synonyme d’un club qui progresse et va par le haut et quand tu es une institution qui a eu un passé comme le Racing, tu as forcément envie de retourner vers ça. Ce n’est qu’un juste retour des choses et je crois que c’est cela qui qui nous motive tous, on sait qu’on en est capable. De plus, la restructuration du stade avec les JO de 2024 va donner un énorme coup de pouce au club et pour moi, ce n’est vraiment plus qu’une question de temps pour que le Racing retrouve le plus haut niveau.

Donc l’année prochaine, l’ambition c’est la montée ?

Etant donné que la volonté du coach est de garder tous les éléments forts du groupe, et qu’on aura passé une année ensemble, je pense qu’il y a vraiment moyen de faire quelque chose. On a déjà un très bon groupe et je ne vois pas comment on va pouvoir décevoir l’année prochaine. Après bien sûr, il se peut que les autres clubs se renforcent énormément. D’ailleurs, on partira un peu dans l’inconnu dans cette saison 2021-22 car on ne sait pas ce qu’on fait les autres clubs cette année, où ils en sont physiquement… Sans même parler du recrutement, cela va être assez marrant le début de saison car on va naviguer un peu à vue. Il y en a qui auront su profiter de cette période et d’autres qui ont à mon avis auront sérieusement coulé.

Pouvez-vous revenir un peu sur votre parcours ?

Je suis arrivé au Mans FC en sport-études à 11 ans et j’y suis resté durant 13 saisons. J’y ai donc fait toutes les catégories de jeunes, les U14 fédéraux, puis les 16 et 18 Nationaux jusqu’en CFA. J’ai effectué également quelques entraînements avec les pros mais finalement le club s’est « cassé la gueule » au moment charnière pour moi. De plus, j’avais fait une saison blanche dû à une blessure aux adducteurs au pire moment car j’avais arrêté l’école après mon bac pour me concentrer uniquement au foot. Cela a donc été un peu compliqué quand tout s’est effondré.

Mais bon la vie a continué et on est reparti de DH pour remonter en CFA2, et j’ai fait 2-3 ans avec eux. Heureusement, j’ai eu le réflexe de commencer la fac au même moment. Je me suis mis en Staps afin de décrocher un diplôme pour être professeur d’EPS. J’ai quitté Le Mans pour Mulsanne Teloche en DH, la ville où j’habitais avec qui nous sommes montés en N3, un très bon souvenir. Puis après une autre expérience, à La Suze FC, toujours en N3, un club qui est bien connu dans l’ouest, je suis venu à Paris pour le travail et je suis bien content d’avoir atterri au Racing lorsque je vois notre club par rapport à ceux des alentours, au niveau des infrastructures ou autres.

« Avoir une grosse qualité de centre dans le foot moderne est obligatoire »Valentin Tacheau

Quelles sont les qualités d’un bon latéral ?

Bien que depuis que je suis en senior, j’ai également joué dans l’axe, j’ai fait toute ma formation. au poste de latéral droit et pour moi la qualité primordiale d’un bon latéral est qu’il faut avant tout être prêt physiquement, répéter les efforts… savoir cavaler en gros. Il faut également être très offensif, tout en gardant des bonnes dispositions défensives, je ne pense pas qu’un bon latéral se cantonne à sa ligne médiane. Avoir une grosse qualité de centre dans le foot moderne est obligatoire, savoir mettre le ballon où on veut car cela crée du danger dans la surface. Enfin, et c’est peut être le plus important, il ne faut jamais rien lâcher, être concentré, agressif, avoir de grosses qualités mentales.

Un garçon comme Cancelo de Manchester City en est le parfait exemple, il a la qualité de centre, va très vite et est tout le temps dangereux. Trent Alexander-Arnold peut être cité également même s’il n’est pas au top défensivement. Mais bon, il comble tellement avec ses qualités offensives que c’est difficile de lui reprocher grand-chose.

Avez-vous eu un modèle dans le football ?

Personnellement, je ne regardais pas trop le foot petit. J’ai toujours aimé y jouer mais pas forcément le voir à la TV. Mais il y a quand même Juninho qui m’a fasciné dans sa manière de taper les coup francs puis ensuite, au fur et à mesure de ma carrière, quand j’ai commencé à en découvrir un peu plus, j’ai vraiment apprécié le travail de Cristiano Ronaldo. C’est hallucinant car ce n’est pas comme Messi où avec lui on est plus dans l’inné, pour le Portugais c’est vraiment que du travail et ça mérite un très grand respect.

Je vous laisse le mot de la fin.

J’aimerais que l’on retrouve le plus rapidement possible les sensations du week-end, gagner des points, en perdre, se focaliser sur le classement… Toutes ces sensations de compétitions car c’est ça qui motive et cela enverrait un bon signe par rapport au Covid. Ok il est là mais il ne faut pas forcément s’arrêter de vivre, surtout nous qui sommes en extérieur. Par rapport aux supporters également, cela manque cette ambiance dans les stades, l’odeur des buvettes, l’engouement populaire qu’on peut avoir même à notre niveau N2/N3. Le foot c’est du plaisir et vivement qu’on le retrouve le plus rapidement.

Propos recueillis par Reynald Trunsard

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