InterviewCoupe de France

Yohan Bai (Canet RFC) : « Tactiquement, c’est fort ce que Farid Fouzari nous a apporté »

11/04/2021 à 18:13

Buteur héroïque de Canet Roussillon FC, en 16ème contre l'OM puis en 8ème contre Boulogne, Yohan Bai nous a accordé un entretien. Il se livre sur ce parcours historique du club en Coupe de France, la saison et ses objectifs personnels.

Yohan Bai, quels ont été les premiers sentiments après la qualification ?

Beaucoup de fierté parce que c’est quelque chose de grand qu’on est en train de réaliser, pour le club comme pour nous. Je pense que personne de l’équipe ne s’est déjà qualifié pour un quart de finale de Coupe de France.

Comment avez-vous fêté cette victoire historique pour le club ?

On s’est retrouvé à la fin du match tous ensemble autour d’un repas. On a parlé, on a rigolé dans le coin VIP du stade. Chacun a fait ensuite ce qu’il voulait, moi, je suis rentré pour aller me reposer mais on est resté un bon moment ensemble.

Pouvez-vous nous raconter votre but contre Boulogne ?

Ce n’est pas la même émotion que contre l’OM. Mais c’était quand même fort. On prend l’avantage sur le but. Tu te dis que tu as un pied en quart de finale. Sur le moment même, c’était un gros soulagement. Le coach nous fait travailler les coups de pied arrêtés la veille, il nous dit que cette équipe a un déficit sur cette phase de jeu. Posté (Jérémy Posteraro) le sent bien et joue vite avec Quentin Martin sur le côté et puis je me fonds dans la masse. Quentin sait où la mettre, je la reprends en une touche et elle va petit filet opposé et c’est magnifique.

Vous aviez également offert le but de la victoire au CRFC contre l’OM…

C’était vraiment une émotion très très très forte ! On sait que beaucoup de monde regardait ce match. Mes proches, mes amis… J’ai pu m’exprimer sur tout le match et j’ai été récompensé sur ce but. L’émotion quand je marque, elle est forte. Franchement, ça ne dure que quelques secondes mais c’est intense. C’est le plus beau but de la carrière car ce n’est pas un geste facile. Le contexte fait que c’est le plus beau pour l’instant, largement (sourires).

Canet-en-Roussillon recevra le MHSC en quart de finale. Quel était votre souhait pour ce tirage ?

Je n’avais pas forcément de souhait particulier. L’objectif est d’accéder en demi-finale. Je rêve d’arriver en finale. Quand on commence la Coupe de France, on la joue pour la gagner même en N2. Défier Montpellier, je suis content et impatient de me frotter à une grosse équipe de Ligue 1 pour un beau match encore et pourquoi pas un 2ème exploit. Le rêve ultime serait d’aller jusqu’en finale et de défier le PSG pour clore cette belle épopée.

Yohan Bai et Canet Roussillon ont éliminé l’Olympique de Marseille de Dimitri Payet en 16e de finale de Coupe de France (Photo Alexandre Dimou/Icon Sport)

Comment avez-vous vécu cette deuxième saison perturbée par la Covid ?

C’est quelque chose qui est arrivé il y a plus d’un an. Le mieux c’est de garder en tête que tu as ton objectif. Il faut quand même continuer à bosser, à y croire, à te lever le matin et que ça n’est pas quelque chose de définitif ou éternel, ça s’arrêtera à un moment. J’ai continué à m’entraîner, même si parfois c’était dur mentalement. Je suis très bien entouré et ces personnes m’ont beaucoup aidé à garder le cap.

La suspension du National 2 vous a-t-elle donné plus d’énergie ?

Forcément, on ne se consacre qu’à la Coupe. Au niveau du rythme, on n’est pas comme tout le monde. Ca nous permet de rester en mode compétition et focus sur quelque chose qui nous tient à coeur. Cette Coupe de France tombe à pic pour nous. Quand tu prépares, tu essayes de penser le moins possible au fait que ça peut se finir. Tout peut arriver. Le mieux pour écarter une fin, c’est d’enlever toutes ces pensées négatives. On a tout connu dans cette Coupe. On a mené, on est revenu au score, on a gagné aux penalties, à la dernière minute… Le but chez nous, c’est d’y croire et de ne pas penser à la fin de l’aventure.

Qu’est-ce que Farid Fouzari a apporté à cette équipe ?

Les joueurs ont beaucoup appris tactiquement. Il nous a proposé plusieurs systèmes de jeu, plusieurs façons différentes de jouer avec des plans bien spécifiques pour chaque match. On a un groupe où on peut s’adapter à toutes les situations. Tactiquement, c’est fort ce que Farid nous a apporté.

« On vit des moments exceptionnels et c’est pour ça qu’on joue au foot »Yohan Bai

La Coupe de France met souvent en lumière des talents (Krasso, Biron, Ibnou Ba…). Que représente-t-elle pour vous ?

La Coupe de France, c’est une compétition qui, quand tu arrives à un stade où tu es médiatisé, te permet de t’exprimer, individuellement ou collectivement. Elle sert beaucoup à ça aussi et c’est quelque chose à vivre. On vit des moments exceptionnels et c’est pour ça qu’on joue au foot.

Avez-vous d’ailleurs déjà eu des sollicitations après ces performances ?

Des sollicitations, je ne sais pas. Je sais qu’il y a eu pas mal de clubs qui ont déjà été intéressés. Je reste loin de ça, parce que j’ai quelque chose à finir déjà qui est la Coupe de France avec mon club. On verra la suite plus tard. Le match de Marseille puis celui de Boulogne, ça a fait en sorte que je sois sollicité.

Pour terminer, quels sont vos objectifs personnels Yohan Bai ?

Atteindre le niveau professionnel, c’est ce que je veux depuis tout petit. Je me donne les moyens pour l’atteindre. Je me suis fixé un défi comme chaque saison. Si ce n’est pas cette année, je recommencerai la saison d’après jusqu’à ce que j’atteigne ce fameux contrat. Au centre de formation d’Amiens SC, je n’ai pas eu l’opportunité de signer professionnel, ni même de pouvoir m’entraîner avec la première. J’ai donc quitté le club et rejoint Epinal.

Propos recueillis par Geoffrey Leplang

Photo : Eurosport

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