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10 février | 11h56

Principes de jeu, gestion d'un groupe... c'est quoi la méthode Guion ?

Début 2021, lorsqu'il était encore l'entraîneur de Reims en Ligue 1, David Guion nous avait accordé un entretien exclusif au cours duquel il détaillait ses méthodes et ses principes de jeu. A Bordeaux où il doit être nommé prochainement, le technicien de 54 ans tentera d'amener sa rigueur à un groupe en perdition notamment sur le plan défensif.

BORDEAUX BORDEAUX L2

D'après les derniers échos, David Guion devrait être le candidat retenu par les Girondins de Bordeaux pour succéder à Vladimiri Petkovic sur le banc. Libre depuis la fin de son aventure rémoise en fin de saison dernière, qui l'aura notamment vu décrocher un titre de champion de L2 avec 88 points et une 6e place en Ligue 1 synonyme de retour historique pour Reims en Coupe d'Europe, le technicien de 54 ans avait à coeur de retrouver un projet en Ligue 1. Après avoir refusé Saint-Etienne en janvier, il n'a pas dit non aux sollicitations bordelaises malgré un contexte globalement similaire à celui des Verts. Plutôt réputé comme un entraîneur défensif, une image qu'il ne revendique pas mais qui a forcément conduit Gérard Lopez à le nommer (Bordeaux est la pire défense des 5 grands championnats, ndlr), Guion accordait, il y a presque un an jour pour jour, un entretien à notre média dans lequel il s'épanchait sur sa philosophie et ses méthodes de travail. Extraits.

Son identité de jeu

Dans un premier temps, je parlerai surtout de personnalité et de caractère dans le jeu. C'est ça qui doit déjà transpirer dans l'identité, les valeurs qu'on va mettre dans notre projet. Le choix des joueurs est important, il faut vraiment qu'il y ait des caractéristiques prépondérantes autour de leur personnalité pour aller là où on veut aller. Les garçons doivent être dans l'engagement, la réflexion et la lucidité, cela facilite ensuite la mise en place d'un schéma.

Les systèmes qui collent à ses principes

L'idée c'est d'y apporter sa structure car on sait bien que tout est modulable. Aujourd'hui, on est beaucoup sur des systèmes hybrides et c'est pour cela qu'il est difficile de retenir tel ou tel système. Moi, j'aime bien défendre en 4-4-2 parce qu'il donne une meilleure rationalisation du terrain et plus de repères aux joueurs en termes d'occupation. Il est bien pour défendre mais pour attaquer, on s'aperçoit qu'il y a des manques quelque part. J'en reviens aux modèles hybrides, avec des joueurs qui vont ressortir le ballon à trois et des éléments beaucoup plus haut dans les couloirs. On cherche toujours à avoir une bonne occupation du terrain avec une bonne ressortie de balle sur la largeur, en trouvant des excentrés faux-pieds à l'intérieur. A Reims, j'utilise le 4-1-4-1 parce qu'il colle bien aux caractéristiques de mes joueurs. Il m'amène plus de tenue de balle sur le plan offensif, les relayeurs doivent être les dépositaires du jeu.

Ses inspirations et sa quête de progression

Je me nourris, je me cultive, je lis beaucoup de choses qui viennent des entraîneurs. Selon moi, ce qui est important est d'être soi-même et je ne crois pas trop au mimétisme. Par contre, je picore, je copie, je regarde des vidéos, les matches etc. J'observe les sorties de balles ou un milieu de terrain qui va se déformer. Mon idée est toujours de rester avec ma personnalité. Il y a plein de bons entraîneurs français mais chacun a ses caractéristiques, ce qui n'empêche pas de prendre un petit peu chez chacun d'entre eux.

Ce qu'il regarde chez les coaches étrangers

Je vais peut-être aller chercher de la rigueur tactique chez un entraîneur italien, le plaisir de jouer et la possession du ballon en Espagne et l'agressivité et l'intensité en Angleterre. Encore une fois, je peux m'inspirer des particularités des championnats, des entraîneurs et de leur philosophie pour travailler ensuite avec mon équipe.

Sa gestion d'un groupe

Je pars du principe que les garçons doivent s'épanouir dans un cadre strict. Au début c'est beaucoup de travail mais mon idée est de responsabiliser les joueurs parce que sur le terrain, c'est eux qui décident. Ils doivent être capables de répondre à beaucoup de questions et c'est pour cela que j'attache cette importance à la responsabilisation du groupe dans mon management.

L'importance d'une causerie, encore plus lorsqu'elle est participative

C'est un moment unique entre ses joueurs et soi-même pour faire passer son message. C'est aussi un moment assez solennel, on doit faire passer de par notre ton ce que l'on attend du match dans l'état d'esprit. La causerie est une mise en confiance, elle est essentielle et toujours positive. Je ne parle que de nous, jamais de l'adversaire sauf pour rappeler le plan de jeu en deux minutes. Enfin, il y a toujours une valorisation de mon équipe. J'aime bien quand je réussis, et je l'ai fait très peu de fois, à faire participer mes joueurs aux causeries, à les rendre acteurs. Je trouve ça très intéressant que eux aussi s'imprègnent du contexte du match. Quand ça arrive et qu'ils sortent les bons mots c'est une très bonne préparation parce qu'ils savent encore mieux le soir pourquoi ils sont là.

Sa gestion des retards à Reims

On est dans ce qu'on disait tout à l'heure au niveau du management. C'est à dire qu'on définit les règles ensemble dès le départ. Je les laisse choisir la façon dont ils veulent procéder, ils me présentent leur projet avec les règles et les amendes et moi je valide ou je rajoute en apportant ma touche finale. C'est ensuite accepté par tout le monde et je nomme toujours des responsables pour faire appliquer ces règles-là.

*Déclarations tirées de l'entretien réalisé avec David Guion le 11 février 2021 dans nos colonnes

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