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15 septembre | 12h46

Que se passe-t-il à l'AS Algérienne de Villeurbanne ?

Impactée par d'importantes refontes d'effectifs et des départs successifs de coachs depuis la saison dernière, l'AS Algérienne de Villeurbanne semble naviguer à vue. Il est notamment reproché au président Djamel Abid de nuire à ce club historique par une gestion hasardeuse. Explications.

ASAV D1 ASA VILLEURBANNE R3 AURA

Régional 3 Auvergne-Rhône-Alpes, poule H. Samedi 11 septembre 2021. L'AS Bellecour-Perrache accueille l'AS Algérienne de Villeurbanne pour un alléchant derby de la métropole lyonnaise. Seulement voilà, les visiteurs se présentent avec une équipe amoindrie et s'inclinent sur un score qui fait davantage penser au rugby qu'au foot : 9 buts à 3. Quelques semaines plus tôt, en Coupe de France, c'est l'AMS Toussieu, pensionnaire de D3 du District de Lyon et du Rhône, qui n'en avait fait qu'une bouchée dès le 1er tour (3-0). Comment expliquer cette déroute dès le retour des compétitions ? "L'effectif a le niveau district, et encore..." soupire Hossni Laghribi, historique du club. Mais derrière le sportif, se cachent d'importantes dissensions internes.

25 départs au début de la saison 2020-2021

Un petit retour en arrière s'impose. A la fin de la saison 2019-2020 pas moins de 25 joueurs quittent le navire suite à des désaccords avec une direction jugée "non respectueuse des valeurs du club et du bon sens." "Pourtant, tout allait bien sportivement" juge Hossni Laghribi : "Une équipe de calibre R1 était alors en place sous la houlette de Nadir Merabeti alors capitaine de cette équipe." Aujourd'hui dans le staff N3 du FC Vaulx-en-Velin, Merabeti avait été l'un des grands artisans de la montée du club en R3 lors de la saison précédente. La mission de refonte totale est confiée à Omrane Ben Yahia, mais l'ancien joueur de l'OL au CV d'entraîneur chevronné ne fait pas de miracles. Le bilan de l'ASAV lors du début de championnat se passe de commentaires : deux défaites en autant de rencontres et une dizaine de buts encaissés.

Ben Yahia quittera l'ASAV en janvier sur fond de divergences avec le bureau en place. A l'intersaison, c'est Nabil Gouiri, oncle de l'attaquant niçois, qui prend le relais, mais l'aventure tourne court à nouveau. Couvant depuis plusieurs saisons, la fronde s'organise alors au sein du premier club villeurbannais, en considérant le niveau auquel évolue l'équipe-fanion. Le point de non-retour semble avoir été franchi lors d'un entraînement du groupe Seniors au début du mois de septembre.

"Le président de ASAV qui veut instaurer une dictature au sein du club qui refuse l’accès aux adhérent car eux même réclament une AG chose qui n’a pas été faite depuis sa prise de fonction. Honteux."

Une vidéo partagée sur Twitter montre quatre joueurs connus pour leur opposition au président en place, Djamel Abid, se voir refuser le renouvellement de leur adhésion par ce dernier, qui réplique : "Je fais ce que je veux". Avec la vidéo, un commentaire : "Le président de ASAV qui veut instaurer une dictature au sein du club qui refuse l’accès aux adhérent car eux même réclament une AG chose qui n’a pas été faite depuis sa prise de fonction. Honteux." Hossni Laghribi fait partie des opposants, il assure qu'aucune AG n'a été organisée depuis deux ans et a alerté la mairie de Villeurbanne à deux reprises, les 21 et 29 juin derniers, puis le M. le Maire, Cédric Van Styvendael directement. Silence radio. "Cette absence de réponse montre que la mairie est du côté du président" conclue-t-il.

Arrivé il y a quatre ans à la tête du club, le président sous le feu des critiques nie en bloc les accusations proférées à son encontre et joue la carte de l'apaisement : "Comme chacun sait, il est obligatoire d'organiser une assemblée générale. La mairie est évidemment prévenue, sinon nous n'aurions pas de subventions et ne pourrions pas jouer sur le stade. Nous avons pris du retard, mais l'AG devrait se tenir d'ici la fin du mois. Concernant les licences, tout président a le loisir de refuser l'adhésion s'il estime que le demandeur ne remplit pas certains critères, de niveau ou de comportement par exemple."

Un club historique

Si le sujet prend autant d'ampleur, c'est aussi parce que l'ASA Villeurbanne, ce n'est pas n'importe quel club. "Des noms illustres ont porté nos couleurs" rappelle Ramzi Makrani, ancien de l'ASAV. Fondée par Ahmed Mokrane en 1979 pour rassembler les joueurs issus de la communauté algérienne dans la plus grande ville de banlieue de France, car la législation en vigueur interdisait de faire jouer plus trois joueurs étrangers dans la même équipe, l' "Algérienne de Villeurbanne" est devenue en 1997 le premier club de District à passer huit tours de Coupe de France. Les pères de Rayan Cherki ou d'Amine Gouiri ont revêtu la fameuse tunique verte, qui a inspiré au journaliste de France 3 Rhône-Alpes, Farid Haroud, un documentaire, "La Belle Equipe", retraçant l'histoire du club.

Loin d'être réservé seulement aux membres de la communauté algérienne, l'ASAV accueille des footballeurs petits et grands issus de tous les horizons. Mais Hossni Laghribi estime que sous la présidence actuelle "les parents ne voient pas d'avenir pour leur enfant. D'ailleurs cinq éducateurs dont un fédéral ont quitté le navire a la fin de la saison 2020-2021."

Label pour l'école de foot et philosophie de jeu commune

"Il y a un trou énorme entre l’école de foot et les Seniors ! A ce jour, un club comme l'ASAV ne compte que 89 licenciés. Le club bricole en mélangeant les catégories : les 17-18 ans avec les seniors ; les 5-6 ans avec les u7. C'est catastrophique..." ajoute-t-il. "Nous ne voulons plus que les gamins partent dans les clubs voisins, nous voulons qu'il soit possible de faire toute sa carrière à l'ASAV." Il souhaiterait voir émerger une philosophie de jeu commune à toutes les catégories, labelliser le club, faire venir des nouveaux sponsors. Autant de sujets qui devraient être abordés en AG, si celle-ci finit par voir le jour.

Simon Marachian

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