Quantcast
Interviews

26 octobre | 20h55

Rayan Aissani : « FFFUSA est un gage de sécurité »

Après avoir découvert le football de niveau National et de niveau Ligue en France, Rayan Aissani a tenté l’aventure de l’autre côté de l’Atlantique. Pour Actufoot, il raconte le défi qu’il s’est lancé, en suivant le programme FFFUSA, qu’il juge à la portée de toute personne motivée.

FFFUSA Rayan Aissani

Tu viens d’être champion de conférence avec Jefferson College. Quel regard portes- tu portes ce titre décroché avec ton université ?

Déjà, je me dis que c’est une belle distinction, puisqu’il s’agit d’un trophée assez difficile à obtenir. C’est un titre de champion du Missouri, qui est un état relativement grand. Et en général, c’est là ou le niveau est le plus relevé dans le pays. Lors de notre dernier match, même si on a gagné 5-0, on a fait face à une bonne équipe. Ce qui est une bonne chose puisque si on perdait cette rencontre, on n’était pas qualifiés pour les play-offs. Or c’est justement l’objectif de cette saison : affronter les meilleures équipes à la fin de l’année civile. Maintenant, sur le plan district, qui regroupe les trois états du Colorado, du Missouri et de l'Illinois, il nous reste deux matches à jouer : une demi-finale et une finale. Si on vient à les remporter, on pourra participer aux play-offs à Dallas où on affrontera les meilleures formations du pays.

Avant d’en arriver là, tu as joué en France, du côté de la région lyonnaise. Peux-tu revenir sur ton parcours ?

Je suis né à Lyon le 16 février 2002, et j’ai commencé le foot à l’âge de 4, 5 ans, à l’USOL Vaugneray, le club de la commune d’où je suis originaire. J’y ai fait mes classes jeunes entre 5 et 11 ans, et ensuite j’ai rejoint le club de Domtac, situé dans l’Ouest lyonnais. Là-bas, j’y ai découvert le foot à 8 et évolué dans les catégories U11, U12 et U13. Après ça, j’ai pris un premier tournant en partant au FC Villefranche. J’ai commencé le foot à 11 dans ce club, et j’y ai effectué la majeure partie de ma formation, jouant notamment en U17 National. La suite m’a mené au FC Lyon, où j’ai poursuivi en U18 R1, puis à MDA Chasselay (actuel GOAL FC, ndlr). C’est à ce moment que j’ai décidé de m’intéresser à un projet à l’étranger et je me suis donc tourné vers FFFUSA.

Comment en es-tu arrivé à rejoindre les Etats-Unis ?

Je m’étais renseigné au sujet de ce programme par le biais d’amis avant de contacter l’agence qui m’a expliqué comment cela se passait. Ils m’ont répondu qu’il fallait d’abord passer des détections sur Paris, donc en novembre de l’année dernière, j’y suis allé et j’ai tenté ma chance. On était environ 30, mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’y a pas de limite de joueurs sélectionnés. Donc tous les candidats de niveau Ligue, motivés, et qui ont un niveau correct en Anglais peuvent légitimement postuler. De mon côté, j’ai fait les détections, et deux semaines plus tard j’ai reçu un mail me confirmant que j’étais retenu et que je pouvais disposer d’une bourse dans une bonne université américaine. A la suite de ça, j’ai eu des premiers contacts avec des coaches et j’ai choisi Jefferson College.

“Ce qui est bien ici, aux Etats-Unis, c’est que les installations sont aussi bien développées sur le plan sportif que sur le plan universitaire”

Rayan Aissani, latéral droit et étudiant en business au Jefferson College

En quoi est-ce que ce programme s’apparente, selon toi, à un levier important dans ta carrière de footballeur ?

Même si j’aime beaucoup le foot et que mon objectif est de devenir professionnel, je voulais avoir une certaine sécurité et être en mesure de pouvoir suivre des études en parallèle. Or, ce projet-là me le permet. Je joue au football tous les jours, dans de très bonnes installations, on est très bien encadrés, on a des kinés à disposition, du matériel de soin de haute qualité, de très bons entraîneurs ; et à côté de ça, je suis à l’université, où je suis un cursus business, avec comme objectif de décrocher un bachelor à l’issue de ces quatre ans. Évidemment, l’idéal pour moi serait de me faire drafter par un club de MLS ou de D2. Mais si l’un des deux projets n’aboutit pas, j’aurai toujours l’autre sur lequel se reposer. Et même pour les parents, c’est un gage de sûreté de savoir qu’il y a ce suivi au niveau des cours. Donc je remercie les miens pour leur soutien et de m'avoir permis de réaliser ce rêve.

Quels sont les avantages par rapport au mode de formation européen, que ce soit dans des centres de formation ou au sein de clubs amateurs ?

Déjà, il y a une différence assez marquante qui se situe au niveau des infrastructures. Il faut savoir que les universités investissent beaucoup d’argent puisque c’est une source de revenus très importante pour elles. Et pour moi qui ai pu évoluer face à de grands clubs en France comme Lyon ou Saint-Etienne, je ne pense pas qu’ils disposent de ces infrastructures, en tout cas pour les jeunes j’entends. Ce qui est bien ici, aux Etats-Unis, c’est que les installations sont aussi bien développées sur le plan sportif que sur le plan universitaire. Quand tu joues en France, on te demande de rapidement faire un choix entre les études et le football, ce qui n’est pas le cas ici. Là, par exemple, je suis à deux minutes du building où j’étudie le business et mon logement est aussi au sein de l’université.

Actufoot • Rayan Aissani 2

Depuis plusieurs mois maintenant, Rayan Aissani foule les terrains de soccer du Missouri dans le cadre du programme FFFUSA.

Sur le plan sportif, en quoi le “soccer” universitaire diffère-t-il du football français ?

Il y a beaucoup de joueurs étrangers. Dans mon équipe par exemple, sur un groupe de 25, il doit y avoir 3 Américains. Pour le reste, on a 5 Anglais, 3 Espagnols, des Allemands, un Néerlandais, des Brésiliens, des Chiliens… Donc cela apporte une diversité par le biais des cultures qui se mélangent. Et les différents styles de jeu se marient bien entre eux. C’est une sorte de “mix” qui résulte sur un très beau football. On arrive tous à s’entendre. Cela change de la France, que ce soit aux niveaux N2, N3, ou en jeunes, où il y a moins d’étrangers, et permet de trouver d'autres forces. Après, bien que l’on soit peut-être un peu meilleurs au niveau technique en France, il y a un petit truc en plus qu’ils ont ici : c’est le physique. Pour preuve, on a des séances tous les jours à la salle de musculation.

A quel degré évaluerais-tu la barrière de la langue ?

Pour suivre ce projet, il est clair qu’il faut avoir des bases en Anglais. Les miennes étaient déjà solides, et je les ai approfondies par le biais de cours en ligne notamment. De toute façon, avant d’entreprendre les démarches, les responsables précisent qu'il faut passer des tests, comme le TOEFL et le Duolingo. Une fois sur place, c’était un peu compliqué au début parce que l’accent est différent et que tous les joueurs ne sont pas aussi compréhensibles les uns que les autres, mais je commence à my habituer. Et de toute façon, même s’il est important d’avoir des bases, si celles que l’on a ne sont pas vraiment bonnes, on peut espérer rejoindre les Etats-Unis avec du travail et du sérieux.

De ton côté, comment envisages-tu la suite si tu ne perces pas comme tu le voudrais dans le football ?

On ne sait jamais ce qui peut se passer dans le foot. Donc c’est pour cette raison que je tenais à avoir la possibilité de suivre ce double projet. Et si je suis amené à ne pas être drafté par un club de MLS, j’aimerais poursuivre mes études, soit en France, soit ici, mais quoi qu’il arrive sur un Master. Cela dit, il est vrai que pour l’instant c’est un peu flou parce que je n’en suis qu’au début de mon cursus. Donc pour le moment je travaille, et je verrai de quoi l’avenir est fait.

Propos recueillis par Harry Hozé

Restez informé !

Inscrivez-vous à notre newsletter :