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21 juillet | 14h33

R. Mbizi (ES Trappes) : « On est une anomalie dans le classement des licenciés »

Avec 1095 licenciés en 2020-2021, l'Etoile sportive Trappes, troisième club des Yvelines, n’a pas souffert de la pandémie. Bien au contraire, le club peut se féliciter d’avoir l’une des bases les plus solides de la région parisienne. Rencontre avec son Assistant Manager General, Rodrigue Mbizi, qui vit ES Trappes 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

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Avec 8% de licenciés en plus cette saison que durant la saison 2019-20, vous êtes un des rares clubs à avoir vu une augmentation de vos effectifs. Comment l'expliquez-vous ?

Nous sommes un club qui essaye vraiment d’avoir beaucoup de proximité avec nos adhérents. Par exemple, quand on fait des inscriptions, nous insistons vraiment sur le fait que les enfants viennent avec leurs parents, afin de leur présenter le club et de pouvoir faire connaissance avec eux. La finalité c’est que nous sommes vraiment axés sur la fidélisation : si l’on arrive à fidéliser nos adhérents, on sait qu’on aura toujours des chiffres stables, et par conséquent, cette bonne santé nous permettra d’attirer d’autres parents.

Nous avons des salariés à plein temps, enfants du club, comme mon frère aîné qui en est le manager, ainsi que moi-même. De par cette politique, nous récoltons les fruits du passé. Comme nous avons vu beaucoup de générations de joueurs au fil du temps, automatiquement nous récupérons maintenant des frères, sœurs et même des enfants de parents qui ont porté ce maillot.

Quelle est votre ambition à moyen terme ?

Notre ambition est d’avoir nos équipes de jeunes et seniors au meilleur niveau régional. On souffre d’un souci structurel mais par bonheur, cela va être réglé par la nouvelle municipalité. Avec 1110 adhérents quasiment, nous n'avons que deux terrains synthétiques et je peux vous garantir que nos plannings sont fait au millimètre. Le terrain emblématique du stade Robert Gravaud est réhabilité depuis le 01 juillet, et l’on va pouvoir se développer de la meilleure des manières avec un nouveau terrain synthétique qui arrivera normalement en octobre.

Nous avons des éducateurs ultras investis qui n'hésitent pas à intervenir dans d’autres catégories, beaucoup de passerelles se passent en interne, c’est ce qui fait notre force. L’idée c’est d’accompagner nos joueurs le plus longtemps possible. On veut vraiment s’appuyer sur notre école de foot. Après, même si on se revendique club formateur, il faut quand même des joueurs chevronnés pour encadrer la jeunesse, surtout en équipe fanion. Avoir que des joueurs locaux, même si on le veut c’est difficile, il faut de l’ouverture aussi car nous avons besoin d’expérience.

"Le modèle que l’on propose aux garçons est le même que celui destiné aux filles"

Rodrigue Mbizi, Assistant Manager General de l'ES Trappes

Le football féminin se développe à vitesse grand V dans votre club, notamment avec la création de la section fillofoot, peut-on s’attendre à d’autres nouveautés ?

Je suis très bien placé pour vous en parler car c’est moi qui suis chargé du dossier au club. Lorsque l’on m’a demandé de développer la section féminine, j’ai mis un plan quinquennal en place qui avait comme cadre finale la coupe du monde 2019. On a fait en sorte d’atteindre les critères de l’école de foot et avons validé les étapes, que ce soit le label bronze, argent ou or. C’était une vraie volonté de passer ces étapes là pour respecter notre plan quinquennal.

Le football féminin est vraiment un objectif au sein de l’ES Trappes. On l’a développé et on veut l’installer durablement. Le modèle que l’on propose aux garçons est le même que celui destiné aux filles. Tout le monde a les mêmes moyens. Un ballon par joueur chez les filles comme les garçons. D’ailleurs c’est général au sein du club, même du point de vue de la politique tarifaire, car ici c’est le tarif unique qui est appliqué. Il ne doit avoir aucunes différences. Beaucoup de clubs de D1 féminine évoluent avec des joueuses arrivant en fin de cycle, donc automatiquement il va y avoir des demandes, qu’ils vont trouver au sein de clubs comme le nôtre. On le fait bien comprendre à nos U15 et U18, les choses sont vraiment en cours de développement.

Pour avoir de tels résultats, il y a une grosse part de communication. Pouvez-vous nous parler un peu de cet élément au sein de votre club ?

Trappes est une petite ville de 32000 habitants et l’on dépasse des clubs de 50000 à 100000 habitants. C’est assez paradoxal et nous sommes une anomalie dans votre classement, surtout que nous n’utilisons par les réseaux sociaux pour faire du recrutement ou de la détection. Quand nous en faisons, c’est par rapport à des besoins bien spécifiques.

Je ne suis pas convaincu que les réseaux sociaux soit une bonne chose. Pour moi, la communication doit être dirigée vers sa cible, à savoir ses adhérents. Si on commence à communiquer sur l'extérieur, on aurait pas 1100 mais 3000 adhérents. Nous préférons être au plus prêt de nos jeunes et être disponible pour les parents 24h/24. Je peux vous assurer que ce n’est pas mentir de dire ça. Nous sommes vraiment très proches d’eux. Quand j’en vois partir dans d’autres clubs, je le vis comme une petite défaite. On préfère que le bouche à oreille fonctionne et pour le moment nous ne nous sommes pas trompés.

Quel regard portez-vous sur le football amateur en Ile-de-France en général ?

Le souci se trouve au niveau de la structuration des clubs. Beaucoup devraient se concentrer sur la formation des joueurs et leur accompagnement. De plus, il y a un vrai problème d’infrastructures en Ile de France. Tout le monde veut monter de divisions mais beaucoup ne peuvent pas car ils n’ont pas les structures et sont obligés de délocaliser à cause de terrains qui ne sont pas aux normes et d’installations non conformes. C’est une réalité à prendre en compte.

Quels axes d’amélioration la ligue et les districts peuvent-ils avoir afin d’aider au mieux les clubs ?

Au niveau de la ligue et du district, je ne suis pas partisan et ce n’est qu’un constat que je fais, mais je trouve que l’équipe de la ligue qui est en place fait un travail énorme et nous en sommes tous bénéficiaires. Ils sont réactifs, à l’écoute et au niveau des dispositifs qu’ils ont mis en place ces dernières semaines, je pense qu’elle peut être fière de ce qu’elle a fait. Il faut continuer d'aller de l’avant et féliciter tous ceux qui y participent.

Crédit photo : site internet ES Trappes