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14 octobre | 17h10

S. Dramé : « Tant que je pourrais, je me battrais pour mes rêves »

En signant au Racing cet été, l’ancien Monégasque Salif Dramé a retrouvé son chez-lui et ses proches. Une ressource infinie dans laquelle il compte puiser pour viser les sommets. (Crédit photo : Grégoire Placca)

Racing CFF N2 Salif Dramé

Quand les quelques coaches de l’ESA Linas-Montlhéry l’ayant connu de ses 7 à 14 ans l’ont recroisé fin septembre dans les rangs du Racing, ils ont dû se dire que le bonhomme avait bien grandi. Car, malgré son jeune âge (24 ans), Salif Dramé a déjà roulé sa bosse et déplacé sa grande carcasse sur de nombreuses pelouses d’Europe. Lui, le vainqueur de la Gambardella 2016 et l’ex-capitaine de Kylian Mbappé en U17 Nationaux à Monaco.

Certains agents ne sont là que pour leurs intérêts.

Salif Dramé

Ils ont dû également sentir la détermination du gaillard, et peut-être une forme d’apaisement. Puisqu’après quatre années d’exil, Dramé a retrouvé la France. Comme un nouveau départ, nous confie-t-il : « Ça me fait vraiment du bien de revenir à Paris. Je retrouve ma famille. Je retrouve un peu tout le monde, c’est un petit soulagement. Avec le covid, ça n’a vraiment pas été facile. J’étais en Allemagne où tout allait bien au niveau du football, mais avec tout ce qu’il s’est passé avec le covid, je me suis dit que ça pouvait recommencer… J’avais besoin d’être chez moi. Proche de ma famille. Dans les situations comme ça, c’est important, on ne sait jamais… Je voulais me rapprocher. Après une longue réflexion, j’en suis venu à la conclusion que je voulais rentrer en France, pour un nouveau départ. »

« On n’est jamais mieux armé qu’avec ses proches à ses côtés » pourrait être son crédo, tant cela illustre son parcours. Entre les blessures, les mauvais choix, les agents ou intermédiaires peu scrupuleux, la concurrence déloyale et les blessures, Salif Dramé en a bavé. De Leganés (Espagne) à Dudelange au Luxembourg, en faisant un crochet par Virton (Belgique). Alors, le défenseur va apprendre à garder son propre but et prend les décisions qui s’imposent : son frère devient son agent. Family business. Salif tape du poing sur la table : « Après Dudelange, j'ai compris que chaque personne était là juste pour ses intérêts. Que si c’était mon frère (qui prenait les décisions, NDLR), il ne m’aurait pas envoyé dans un club sans savoir comment il fonctionne vraiment, sans connaître les besoins réels du coach... Certains agents ne prennent pas tout ça en compte, ils ne sont là que pour leurs intérêts… »

« Revenir sur le devant de la scène »

Mais Salif Dramé garde de la distance, aussi : « Chaque expérience, j’en garde malgré tout du positif. Ça m’a permis de grandir, de murir et de mieux comprendre certains choses. » En août 2020, il débarque alors dans la petite ville allemande de Rathenow, située à environ 70 kilomètres à l'ouest de Berlin et traversée par une rivière du nord, la Havel. Il signe avec le club local, le FSV Optik Rathenow, qui évolue en quatrième division allemande, et retrouve un environnement sain, voire une famille de substitution. Le capitaine de l’équipe, Jérôme Leroy, parle français et fait la traduction avec le coach Ingo Kahlisch. Le courant passe. De Kahlisch, Salif Dramé ne garde que des bons souvenirs : « C’est une légende là-bas (il est entraîneur principal du club depuis 1989, NDLR) ! Il est respecté, c’est une très bonne personne, il est très proche de ses joueurs, c’est comme un père. (…) Et puis c’est lui qui prend toutes les décisions sportives, ils décident des joueurs qu’il veut prendre, etc Il a une place vraiment importante au club. »

Avant la pandémie mondiale, Salif Dramé jouera tous les matches de l’équipe. Et Kahlisch lui proposera rapidement de prolonger. Avant de comprendre que son joueur a besoin de retrouver les siens pour bonifier cette parenthèse allemande. C’est ensuite une nouvelle connexion familiale qui fait le lien avec le Racing : l’oncle de Salif a un ami qui le met en relation avec le club. L’ex-Monégasque convainc le staff Ciel et Blanc après seulement deux entraînements… Le voilà de retour en France. Avec des objectifs en tête : « Je veux d’abord être dans la lignée de ce que j'ai fait en Allemagne, où j’ai réussi à me relancer après le Luxembourg. D’autant que s’imposer à l’étranger ce n’est pas toujours facile. J’étais fier de moi d’avoir réussi ça. Et puis l’Allemagne c’est un bon niveau. Aujourd’hui je suis de retour en France, au Racing, dans un club historique, pour continuer sur ma lancée. Puis, pourquoi pas revenir sur le devant de la scène. C’est l’objectif à plus long terme. Surtout que le Racing veut monter. On va se donner les moyens. Et si on se montre en National 2, derrière ça peut aller vite. »

Chez sa famille en attendant de se trouver un « chez-soi », Salif Dramé se sent plus fort que jamais. Et ne se détourne pas de ses rêves : « Comme tout le monde j’ai des rêves. Et j’essaierai de les atteindre jusqu’à la fin. Je vais tout donner jusqu’à la fin. Tant que j’ai la santé de me battre, tant que je peux jouer au foot, je me battrais. Dans la vie, quand on a un objectif, il ne faut pas le lâcher. Après, c’est le destin. » Le début de sa nouvelle vie, c’est maintenant.

Augustin Delaporte

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