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Interviews

21 mars | 20h30

Xavier Swartvagher : « 20-0, cela réveille beaucoup de projets »

20 à 0, c’est la lourde défaite essuyée, ce dimanche, en R3 Hauts-de-France, par l’Arsenal Club Achery-Beautor-Charmes (02) en poule G, face à la réserve de Maubeuge. Malgré cet échec retentissant, Xavier Swartvagher, le président-fondateur du club picard, refuse de baisser les bras. Photo : Gael Hérissé (Aisne Nouvelle) .

R3HDF Arsenal Club ABC FC Arsenal Club ABC FC Xavier Swartvagher

Comment allez-vous au lendemain de cet échec mémorable ?

C’est plus facile de vivre ce type de déconvenue quand on s’y attend plus ou moins. Je ne parle pas du score en lui-même. Malgré tout, on s’attendait à en prendre une bonne, un jour ou l’autre. Nous avons connu des moments plus délicats. Aujourd’hui, c’est surtout une situation qui est le résultat de plusieurs facteurs. Cela ne fait jamais plaisir. C’est notre pire expérience sportive. Néanmoins, cela ne remet pas en cause tout le travail effectué depuis plus de 20 ans. Pour les joueurs, les entraîneurs ou encore les dirigeants présents lors de cette défaite, c’est forcément difficile. Pour les garçons, les 90 minutes ont été très longues.

Comment va votre groupe moralement ?

Les joueurs sont forcément déçus. Notre travail d’encadrant, c’est de les rassurer. On va les voir vendredi pour justement échanger avant la dernière séance d’entrainement de la semaine. Il y a eu beaucoup de contacts entre les garçons et les entraîneurs. On les avait préparés à cette situation qui avait été difficile. Nous avons déjà eu des retours après la soirée de dimanche qui n’a pas été très sympathique. Mon groupe ne lâchera pas. Il va s’accrocher en essayant de finir la saison, le mieux possible. Il reste huit journées de championnat. Depuis longtemps, nous savons que nous allons redescendre. Nous sommes derniers avec un seul point en douze rencontres. L’objectif à présent, c’est que les plus jeunes puissent emmagasiner le plus d’expérience du niveau régional. Bien sûr, ils ne s’en rendent pas compte en ce moment. On veut aussi terminer dignement cette saison. Certes, ce score hors-norme interpelle. Malgré tout, il y a quand même de la qualité. Ce résultat peut être aussi un électrochoc pour tout le monde.

Actufoot • R3 HDF AC ABC

L'Arsenal Club de l'ABC (R3 Hauts-de-France)

Photo : AC ABC

En quoi cette défaite était inéluctable ?

En l’occurrence, nous nous sommes présentés à Maubeuge qu’avec onze joueurs dont le coach, Maxime Baert, également sur le terrain. Nous avions des suspendus. Dès le début de la saison, nous avions fait le pari de lancer nos jeunes, des U18 pour la plupart, en R3, pour les aguerrir. Ils sont là depuis longtemps. Ils ont de la qualité. Ils sont montés aussi en régional au niveau jeune. À côté d’eux, il y a aussi quelques cadres qui sont des valeurs sûres. Dès le coup d’envoi du championnat, nous savions donc que ce serait très compliqué. En début de saison, avec tout notre effectif, même si nous perdions parfois de peu, nous n’arrivions pas pour autant à décrocher un succès. Au fur et à mesure, des joueurs ont fini par décrocher. Résultat, nos espoirs se sont retrouvés démunis. Nous avons accumulé les pépins au fil des mois. Nous n’avions donc pas une formation de niveau régional au moment de se présenter à Maubeuge. Nous avons toujours été un club qui a privilégié la formation. Il s’est toujours débrouillé à l’image de son école de football. Au départ, l’Arsenal Club Charmes a été créé en 1998. L’appellation AC Achery-Beautor-Charmes date quant à elle de 2006.Nous avons réussi à gravir différents échelons pour finalement arriver au niveau régional. Nous avons même connu la R2, il y a quelques années. Nous comptons actuellement 215 licenciés tout en sachant qu’il y a huit ans, nous étions 350. En matière d’infrastructures, nous n’avons pas de terrain synthétique. Nous n’avons qu’un seul terrain en herbe éclairé notamment pour nos entrainements. Il est souvent fermé à cause des conditions climatiques. Nous nous entrainons le plus souvent sur une surface stabilisée éclairée seulement sur une moitié. Cela fait quatre mois que ça dure. Nous n’avons pas non plus de gymnase. Nous ne jouons donc pas dans la même cour que d’autres mais cela, nous le savons depuis longtemps.

Qu’attendez-vous de l’environnement du club pour mettre fin à cette spirale négative ?

Quand on s’attend depuis longtemps à une relégation, on s’y prépare. Nous l’avions annoncée en assemblée générale notamment à nos partenaires dont les collectivités locales. Je n’ai aucune inquiétude sur leur engagement à venir. De façon générale, dans une zone pas très peuplée, nous sommes entourés, à notre image, par des petits clubs quasiment au même niveau que nous. L’idée serait peut-être de travailler plus en commun. Il faut faire attention de ne pas rester à quai. Nous manquons en général de terrains synthétiques dans notre secteur. On peut donc se pencher sur la manière de mutualiser nos moyens. On y réfléchit depuis longtemps. Nous concernant, notre volonté affichée, en début de saison, c’est de continuer à s’appuyer sur la jeunesse de notre secteur. Je n’oublie pas non plus l’importance de disposer d’éducateurs diplômés compétents. Ce 20-0 réveille beaucoup d’idées et de projets. Nous avons reçu beaucoup de messages de soutien de clubs voisins mais aussi de la part d’élus. Des anciens du club aussi. C’est réconfortant. On nous demande de ne pas lâcher. Cela a donc accéléré le processus pour lancer notre nouveau projet.

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