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12 février | 9h19

Jérémy Ricordel : "Il y a des choses de la CAN dont on peut s'inspirer"

Témoin privilégié de la Coupe d’Afriques de Nations 2022, à laquelle il a assisté à partir des huitièmes de finale, Jérémy Ricordel, qui occupe le poste de directeur sportif au FC Guipry-Messac (N3), défend ardemment la compétition continentale.

CAN FC GUIPRY-MESSAC CAN 2022

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Dans quelle optique êtes-vous parti au Cameroun ?

Pour recontextualiser ce voyage, il faut savoir que je suis marié à une Camerounaise. J’ai deux garçons qui ont leur mère originaire de ce pays et qui ont de la famille sur place. Donc dès lors que l’annonce de la tenue de la CAN au Cameroun a été faite, nous nous sommes dit que l’on profiterait de cette occasion pour effectuer un voyage là-bas. L’objectif était d’allier le côté familial à l’événementiel sportif, et de profiter de l’ambiance dans les stades, tout en s’inspirant des conditions d’organisation. Ca a été une aventure à part, que l’on a dû repousser à plusieurs reprises en même temps que la compétition se voyait décalée du fait de la crise sanitaire, mais que l’on a finalement vécue à partir des huitièmes de finale.

Quel regard portez-vous sur cette édition, qui a été vivement critiquée ?

J’ai été assez déçu et surpris de l’analyse faite par les journalistes de presse française qui, pour certains, s’affirment comme étant des spécialistes du football africain. Dans ce genre de situation, on prend toujours l’Europe en exemple et on est très critique envers l’Afrique. Or moi, j’étais sur place, et pour la demi-finale Cameroun - Egypte par exemple, j’ai trouvé que la pelouse du stade Olembé était en très bon état. Beaucoup l’avaient critiqué, mais je suis persuadé qu’ils n’étaient pas sur place pour voir ce qu’il en était. Même chose lors du quart Egypte - Maroc : j’ai lu plusieurs analyses selon lesquelles la fin de match était brouillonne. Mais non, c’est juste qu'elle était hyper tactique. Vous prenez le même scénario en Coupe du Monde ou dans un Euro, on dira que l’enjeu a pris le dessus. Et là, on tire un constat critique, trop loin de la réalité.

Il y a donc, selon vous, des circonstances qui expliquent les couacs rencontrés lors de cette compétition ?

Ce que je veux dire, c’est que j’ai vu une très belle compétition, avec de très bons joueurs, parfois méconnus et qui méritent d’être davantage mis en avant. Les différents pays font des efforts incroyables pour se mettre au niveau du football mondial. Quand on voit les investissements consentis pour avoir pour avoir des stades de cette qualité, on ne peut pas se permettre de porter de tels jugements. D’autant plus que, on ne s'en rend peut-être pas compte, mais Douala à cette période de l’année c’est 35, 40 degrés. Janvier-février au Cameroun, c’est la période la plus chaude de l’année. Mais on ne regarde pas tout ça. La cérémonie de clôture, à laquelle j’ai assisté au stade Olembé, a été exceptionnelle. Ce qu’ils ont fait, avec les performances pyrotechniques notamment, c’est grandiose pour un pays comme le Cameroun. Mais j’ai le sentiment qu’en Europe on va surtout retenir le négatif.

Je considère que le niveau global de la CAN progresse, et j’espère que le football africain sera jugé à sa juste valeur dans les années qui viennent

Jérémy Ricordel, directeur sportif du FC Guipry-Messac et spectateur de la CAN 2022

Pensez-vous que le niveau sportif a également été dévalorisé ?

J’irais même plus loin : je dirais que j’ai le sentiment que les dirigeants de la CAF n’ont pas fait ce qu’il fallait pour crédibiliser davantage cette CAN. Sadio Mané a fait une très bonne compétition, mais on ne peut pas le désigner meilleur joueur du tournoi. Ce que fait Vincent Aboubakar (Cameroun) est exceptionnel. Depuis 1974, aucun joueur n’a marqué autant que lui (8 buts, le record de 9 réalisations étant détenu par Ndaye Mulamba). Gabaski, le gardien remplaçant de l’Egypte, fait aussi une compétition formidable. Il se pète pendant le quart contre le Maroc et derrière il parvient quand même à qualifier son équipe pour le tour suivant et pour la finale, où il livre une prestation impressionnante. Dans l’ensemble, je considère que le niveau global de la CAN progresse, et j’espère que le football africain sera jugé à sa juste valeur dans les années qui viennent.

En plus de cela, la compétition sert également à des joueurs évoluant à de plus bas niveaux...

Il est clair que pour des joueurs de niveau N2 ou N3, disputer une CAN est quelque chose de marquant, d’inoubliable. Jean-Charles Castelletto, qui est un bon joueur du FC Nantes, mais qui n’est pas très connu dans son pays, s’est assumé comme un leader. Et je suis persuadé qu’il ne va pas revenir à Nantes avec le même statut.

Ce que vous avez vu sur place va-t-il vous servir pour l’organisation d’événements à Guipry-Messac ?

Etant donné que je m’occupe également du tournoi international de Guipry-Messac, on s’est dit, avec Hermann Tchamba, l’organisateur de la CAN de Rennes, qui était également sur place, qu’il y aurait certaines idées que l’on pourrait ramener en France. D’une compétition comme celle-ci, il y a forcément des choses dont on peut s'inspirer. Aujourd’hui, les pays africains mettent en place tous les moyens nécessaires pour organiser une belle compétition. Ils créent des stades et des routes exprès pour l’occasion, transforment des villages en villes… C’est tout une économie qui se met en place autour de l’événement. Ce sont ce genre de manifestations qui doivent permettre de valoriser le continent, ses pays, et contribuer à leur développement.

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